(Paris) L’ONG yéménite Mwatana for Human Rights dénonce le recrutement d’un millier d’enfants au Yémen, « majoritairement » dans les rangs de la milice chiite houthie, dans son rapport annuel présenté mardi à Paris.

Agence France-Presse

L’organisation a documenté au moins « 1117 cas d’enfants recrutés ou utilisés à des fins militaires en 2018 », dont « 72 % par le groupe armé Ansar Allah (Houthis) », y compris des jeunes filles.  

Mais tous les groupes de combattants se rendent responsables de telles exactions, contraires au droit international, selon l’ONG qui affirme que 17 % des cas sont le fait des forces pro-émiraties et 11 % des forces loyales au président yéménite.

C’est la première fois que Mwatana, organisation respectée, documente des cas de recrutement de mineurs dans ce conflit en cours depuis 2014, qui provoque depuis 2015 la pire crise humanitaire en cours et a fait des dizaines de milliers de morts.

Les enfants sont utilisés « par toutes les parties au conflit » pour « combattre, garder des points de contrôle, apporter une aide logistique aux opérations militaires ».

Mwatana cite plusieurs cas précis dont celui de seize jeunes, « tous âgés de moins de 17 ans », entraînés au combat en septembre 2018 par le groupe Ansar Allah (houthis) dans le gouvernorat de Hwarah (est).

L’ONG précise que pour rédiger son rapport intitulé « La vie en friches : la situation des droits humains au Yémen en 2018 », elle a procédé à 2065 entretiens en arabe avec des victimes, leurs proches, des témoins et des personnels médicaux et humanitaires.

Elle dénonce la multiplication des attaques contre les hôpitaux et installations médicales (seize) ; au moins 74 cas d’obstruction à la délivrance de l’aide et des secours, « dont 83 % sont le fait des Houthis » ; 60 attaques contre des écoles et « sept cas d’agressions sexuelles dont huit visant des enfants », la mort de 375 civils dans des frappes aériennes de la coalition anti-chiite emmenée par l’Arabie saoudite, des détentions arbitraires, tortures et disparitions…

« A chaque jour qui passe, les parties au conflit attentent aux civils yéménites » dénonce Radhia Al Mutawakel, présidente de Mwatana for Human Rights qui réclame la fin des appuis aux forces en présence.

« Plus les États attendent pour demander des comptes aux Saoudiens, aux Emiratis et aux criminels de guerre yéménites de tous bords, plus il sera difficile de reconstruire le Yémen. L’immunité en vigueur incite les parties à continuer de perpétrer des abus atroces, dévastateur pour le Yémen », ajoute-t-elle.