Au moins 33 des 37 Saoudiens exécutés mardi appartiennent à la minorité chiite du royaume dominé par les sunnites, a indiqué mercredi l'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch.

AGENCE FRANCE-PRESSE

« Trente-trois d'entre eux sont certainement des chiites », a déclaré à l'AFP Adam Coogle, un chercheur de HRW.

Les 37 personnes exécutées mardi ont été reconnues coupables d'avoir « formé des groupes terroristes », selon le ministère saoudien de l'Intérieur.

Téhéran, rival chiite de Riyad, a dénoncé dans la nuit de mardi à mercredi le silence des États-Unis sur l'exécution de 37 personnes en Arabie saoudite pour « terrorisme », une rare exécution de masse dans le royaume.

« Après avoir fermé les yeux sur le démembrement d'un journaliste, pas un mot du gouvernement Trump quand l'Arabie saoudite décapite 37 hommes en une journée-allant jusqu'à crucifier un homme deux jours après Pâques », a écrit le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif sur Twitter.

Selon Amnistie internationale, qui a condamné ces exécutions, le royaume saoudien, qui suit une version rigoriste de l'islam sunnite, figure dans le peloton de tête des pays qui appliquent la peine de mort dans le monde, derrière la République islamique de l'Iran chiite.

Dans son rapport mondial sur la peine de mort pour l'année 2018, l'organisation de défense des droits de l'Homme indique que derrière la Chine (qui ne publie pas de statistiques), les pays ayant eu le plus massivement recours aux exécutions sont l'Iran (253), l'Arabie saoudite (149), le Vietnam (85) et l'Irak (52).