L'émissaire américain pour la paix en Afghanistan a estimé mercredi à Kaboul que « le chemin de la paix » exige des talibans qu'ils mènent des pourparlers directs avec le gouvernement afghan, ce qu'ils ont toujours refusé.

Mis à jour le 16 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

« Le chemin de la paix exigera des talibans qu'ils s'assoient avec d'autres Afghans, y compris le gouvernement », a déclaré Zalmay Khalilzad lors d'une rencontre avec la presse locale.

« Il existe un consensus entre tous les partenaires régionaux sur ce point », a-t-il ajouté, selon des citations envoyées à l'AFP par l'ambassade des États-Unis à Kaboul.

Malgré de nombreuses sollicitations, les insurgés ont toujours refusé de discuter avec le gouvernement de Kaboul qu'ils qualifient de « marionnette » de Washington.

Mardi dans un communiqué, les talibans ont même menacé de suspendre les pourparlers engagés avec les États-Unis pour tenter de mettre un terme à 17 ans de conflit.

Évoquant lors d'une rencontre à Doha en novembre des discussions centrées sur le « retrait des forces étrangères » et sur le fait que l'Afghanistan ne devienne pas une nouvelle base arrière terroriste, les talibans ont accusé les États-Unis de « s'écarter de ce programme » et « d'ajouter unilatéralement de nouveaux sujets ».

« Si les talibans veulent parler, nous parlerons. S'ils veulent se battre, nous nous battrons. Nous espérons qu'ils veulent faire la paix », a rétorqué M. Khalilzad en réaction à cette menace.

Interrogé sur la volonté de l'armée américaine de conserver des bases militaires dans le pays, présenté comme élément central des premières discussions directes avec les talibans, M. Khalilzad a assuré que les États-Unis n'ont « jamais dit vouloir des bases militaires permanentes en Afghanistan ».

« Ce que nous voulons, c'est que ce conflit prenne fin par la négociation, que nous poursuivions notre partenariat avec l'Afghanistan et que nous ne soyons pas sous la menace terroriste », a déclaré M. Khalilzad.

« À long terme, nous voulons une relation militaire, diplomatique et économique » avec l'Afghanistan, a-t-il ajouté.

L'ex-ambassadeur des États-Unis en Afghanistan a dit espérer « très bientôt » de nouvelles discussions directes avec les talibans.

M. Khalilzad est arrivé mardi soir à Kaboul où il a rencontré les responsables politiques du pays. Effectuant sa troisième tournée dans la région depuis sa nomination en septembre, il s'était auparavant rendu en Inde, aux Émirats arabes unis et en Chine. Il devrait clôturer sa visite au Pakistan.

Sa tournée intervient peu après que le président Donald Trump, perdant patience face à cet interminable conflit, a annoncé en décembre son intention de retirer la moitié des 14 000 soldats américains déployés en Afghanistan.

Les États-Unis ne sont pas le seul pays à oeuvrer dans ce ballet diplomatique. La Russie et l'Iran ont organisé ces derniers mois des rencontres avec les talibans. La Chine les a invités à des discussions.