(Bruxelles) Le chef du Pentagone Mark Esper a critiqué jeudi l’opération militaire « injustifiée » lancée par la Turquie en Syrie, mais sans la condamner, à son arrivée à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues de l’OTAN.

Agence France-Presse

« La Turquie nous a mis dans une situation terrible avec cette incursion injustifiée », a-t-il déclaré devant le German Marshall Fund, un centre de réflexion, avant de rejoindre le siège de l’Alliance.

« Mais nous n’allions pas commencer une guerre avec un allié de l’OTAN, un bon allié depuis son adhésion en 1952 », a-t-il ajouté.

Mark Esper a toutefois mis en garde Ankara et le président Recep Tayyip Erdogan. « Le dirigeant de la Turquie va dans la mauvaise direction sur de nombreuses questions, tournant sur l’orbite de la Russie plutôt que sur celle de l’OTAN », a-t-il averti.

« Il faut travailler avec la Turquie pour qu’elle redevienne un allié fort et fiable », a-t-il affirmé.

« Nous n’avons pas de solution aujourd’hui, mais nous devons continuer à y travailler », a-t-il précisé.

Mark Esper a justifié le retrait des militaires américains stationnés en Syrie dans la zone de l’intervention militaire turque. « La décision américaine de retirer moins de 50 soldats a été prise après la décision d’Erdogan de traverser » la frontière avec la Syrie, a-t-il expliqué.

« Nous n’étions pas disposés à mettre 50 soldats entre 15 000 soldats et la milice (kurde). Nous n’étions pas disposés à engager un combat avec un allié de l’OTAN », a-t-il ajouté.

« Il n’est pas possible d’opposer des forces à celles d’un autre allié de l’OTAN », a-t-il soutenu.

« Personne n’a offert une meilleure alternative », a-t-il répondu aux critiques.

Mark Esper assure que la relation avec les Forces démocratiques syriennes, une alliance dominée par les milices kurdes, « a été et est toujours bonne ».

« Notre engagement envers eux n’est pas d’établir un État autonome ou de les défendre contre la Turquie. C’est la dure réalité », a-t-il expliqué.

Il a affirmé ne « pas avoir lu ni vu les détails » de la proposition allemande de créer une « zone de sécurité sous contrôle international » dans le nord de la Syrie.

Il a par ailleurs précisé avoir eu de « brèves conversations avec le Royaume-Uni et la France » pour la campagne contre le groupe État islamique. La France demande une réunion ministérielle des membres de la coalition internationale constituée par les États-Unis et dont fait partie la Turquie.