(Kaboul) La campagne pour l’élection présidentielle du 28 septembre s’est ouverte dimanche en Afghanistan, le président Ashraf Ghani, candidat à sa réélection, assurant devant ses partisans que « la paix arrive et les négociations [avec les talibans] auront lieu ».

Agence France-Presse

M. Ghani tenait sa première réunion électorale au lendemain de l’annonce par son ministre aux Affaires de paix, Abdul Salam Rahimi, que des négociations entre le gouvernement et le groupe insurgé se tiendraient dans deux semaines « dans un pays européen ».

Des sources diplomatiques ont indiqué à l’AFP que les pourparlers devraient débuter le 7 août à Oslo.

« C’est notre devoir de saisir toutes les occasions de paix […] une paix acceptable pour tous », a scandé Abdullah Abdullah, le principal challenger de M. Ghani, qui a également organisé dimanche son premier rassemblement de campagne.

Actuel chef de l’exécutif, M. Abdullah avait signé un accord de partage du pouvoir mis sur pied sous l’égide des États-Unis à l’issue de l’élection de 2014 entachée de graves soupçons de fraude.

PHOTO WAKIL KOHSAR, AGENCE FRANCE-PRESSE

Un ffiche du candidat Abdullah Abdullah

Dans son discours, M. Ghani a fait le vœu de la tenue d’élections « propres ».

Les affiches électorales des 17 candidats ont commencé à fleurir dans la capitale où la sécurité a été élevée par crainte d’attentats des talibans ou de la branche afghane du groupe État islamique (EI).

« Nous avons besoin de paix plutôt que d’élections. Aucun candidat ne peut apporter la paix en Afghanistan, ils ne font que lancer des slogans », a déclaré à l’AFP Sayed Jan, un électeur de 27 ans.

Cette élection, dont le calendrier a été modifié déjà à deux reprises, survient alors que les efforts diplomatiques se sont intensifiés depuis une année, avec notamment des pourparlers directs entre États-Unis et talibans qui ont reconnu ne pouvoir prendre la mesure de l’adversaire sur le terrain militaire.

L’émissaire américain pour la paix Zalmay Khalilzad, actuellement à Kaboul, doit se rendre à Doha la semaine prochaine pour ce qui serait le huitième round de négociations directes visant à mettre fin aux 18 années d’intervention militaire des États-Unis en Afghanistan.

Il a souligné samedi que des négociations « intra-afghanes » n’auraient lieu qu’à l’issue d’un accord entre États-Unis et talibans.

Le porte-parole taliban Suhail Shaheen a tweeté dimanche que « les pourparlers intra-afghans pourront commencer après l’annonce d’un calendrier de retrait des forces étrangères ».

Ce calendrier de retrait, revendication principale des talibans, s’établirait en échange de l’assurance que l’Afghanistan ne servira pas de sanctuaire à des groupes terroristes.