(Jérusalem) Benyamin Nétanyahou et les autres députés du nouveau parlement israélien ont prêté serment mardi après les élections du 9 avril qui ont vu la victoire du premier ministre, chargé de former une coalition gouvernementale.

Agence France-Presse

La prestation de serment a eu lieu lors d’une cérémonie officielle à Jérusalem.

Dans un discours adressé aux députés, le président israélien Reuven Rivlin a déclaré qu’il était temps de «mettre fin aux divisions».

«La campagne électorale a été difficile, nous avons dénigré et nous avons été dénigrés […] c’est terminé. Ca suffit. Il est temps de passer à autre chose», a-t-il affirmé.

M. Nétanyahou a de son côté affirmé vouloir «agir pour le bien de chaque citoyen israélien, sans exception».

La Knesset va au devant de sessions potentiellement houleuses en raison de propositions de loi controversées qui devraient toucher à la relation entre l’État et la religion ou encore afin de protéger M. Nétanyahou de poursuites judiciaires.  

Le procureur général a annoncé en février son intention d’inculper le premier ministre pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires.  

Le parti Likoud de Nétanyahou a remporté 35 des 120 sièges du parlement, soit le même nombre que ses principaux adversaires de l’alliance Bleu-blanc, dirigée par l’ancien chef de l’armée Benny Gantz.  

Grâce notamment à ses soutiens de la droite nationaliste et des partis juifs ultra-orthodoxes, le premier ministre dispose d’une majorité de 65 parlementaires.  

Le 17 avril, le président Rivlin avait chargé M. Nétanyahou de mettre en place un gouvernement, avec un délai de 28 jours pour s’entendre avec ses partenaires, qui peut être prolongé de 14 autres jours.

S’il parvient à ses fins, M. Nétanyahou, 69 ans, entamera alors un cinquième mandat.  Il est au pouvoir sans discontinuer depuis 2009 et depuis 13 ans au total en comptant un précédent mandat entre 1996 et 1999.

M. Nétanyahou aura la délicate tâche de concilier des exigences et intérêts contradictoires parmi ses futurs alliés.  

Premier obstacle : une loi proposée par Avigdor Lieberman, dirigeant du parti nationaliste et laïc Israel Beiteinou, pour annuler l’exemption de service militaire dont bénéficient des dizaines de milliers d’étudiants des écoles talmudiques. L’ancien ministre de la Défense s’est dit prêt à convoquer de nouvelles élections si sa proposition ne passe pas.  

Mais pour les partis ultra-orthodoxes, forts de 16 sièges dans le nouveau parlement, cette loi constitue une ligne rouge.

S’adressant aux députés du Likoud, M. Nétanyahou a déclaré que les négociations pour former le prochain gouvernement n’étaient «pas faciles». «Mais j’ai confiance dans le fait que nous allons y arriver», a-t-il dit.

Pendant la campagne électorale, il avait dit être prêt à annexer des colonies israéliennes de Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël.

Une telle décision pourrait sonner le glas de la solution dite à «deux États», empêchant la création d’un État palestinien viable.  

Le prochain gouvernement devrait être très à droite, à l’image du précédent, considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël.  

Un nombre record de 49 nouveaux membres rejoignent le Parlement, dont 24 au sein de Bleu-blanc, qui devrait diriger l’opposition.  

Le nouveau parlement compte 29 femmes, contre 35 précédemment et 11 listes ou partis sont représentés.  

Lors de la dernière législature, la Liste arabe unie était la troisième force du parlement avec 13 sièges mais, scindée en deux listes cette année, elle dispose désormais de 10 parlementaires.