L'Arabie saoudite a promis une enquête « complète » sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, a déclaré dimanche le secrétaire américain de la Défense Jim Mattis, au lendemain d'un entretien avec le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir à Bahreïn.

« Nous avons parlé [...] du besoin de transparence et d'une enquête pleine et complète », a indiqué M. Mattis après son départ de Manama, où il avait averti le royaume saoudien que ce meurtre attribué aux autorités saoudiennes risquait de déstabiliser la région.

« Pas de réserves du tout. [...] Il a dit : il faut savoir ce qui s'est passé et il était très coopératif », a ajouté le chef du Pentagone, qui s'exprimait dans l'avion l'acheminant de Manama à Prague, où il devait participer aux cérémonies du centenaire de la Tchécoslovaquie.

S'exprimant plus tard dimanche, lors d'une conférence de presse à Prague avec le premier ministre tchèque, Andrej Babis, M. Mattis a salué l'enquête sur le meurtre menée par la Turquie.  

« Il est certain que la Turquie, avec les preuves rassemblées, assurera plus qu'une analyse de ce qui se passe. Je suis certain que l'enquête inclura les preuves présentées par la Turquie jusqu'à présent », a déclaré M. Mattis à la presse.

Journaliste saoudien critique du puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, Jamal Khashoggi, mort à 59 ans, vivait aux États-Unis depuis 2017 et collaborait avec le Washington Post. Selon Ankara, il a été tué dans le consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre, par une équipe d'agents venus de Riyad.

Après avoir nié sa mort, les autorités saoudiennes, sous la pression internationale, ont fini par admettre qu'il avait été tué au consulat lors d'une opération « non autorisée ».

Samedi, M. Mattis s'était montré plus sévère que d'habitude à l'égard de Riyad en déclarant au cours d'une conférence internationale en présence de dirigeants arabes que le meurtre de Khashoggi « doit tous nous inquiéter grandement », car il affecte la sécurité dans la région.

Mais, Adel al-Joubeir avait paru rejeter les critiques en dénonçant « l'hystérie des médias » sur ce meurtre et en rejetant la demande d'extradition des meurtriers présumés de la Turquie.

Ce meurtre, qui a terni l'image du prince ben Salmane, a suscité une vague de critiques internationales et affecté les relations de Washington avec le royaume, sur lequel les États-Unis s'appuient beaucoup pour contrer l'influence de l'Iran dans la région et défendre la sécurité d'Israël.

M. Mattis n'a d'ailleurs pas eu de rencontre bilatérale formelle avec le chef de la diplomatie saoudienne en marge du « Dialogue de Manama », alors qu'il a rencontré plusieurs dirigeants arabes et européens.

Les deux hommes se sont parlé à l'occasion d'un dîner rassemblant tous les ministres.

Photo STRINGER, AFP

Le secrétaire américain de la Défense, Jim Mattis