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Yémen: vers un accord de cessez-le-feu

Des manifestants appuient les rebelles chiites au Yémen.... (PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE/STR)

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Des manifestants appuient les rebelles chiites au Yémen.

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Hammoud MOUNASSAR
Agence France-Presse
Sanaa

Les rebelles chiites s'apprêtaient à signer un accord pour cesser les affrontements avec les combattants d'un puissant parti islamiste sunnite à Sanaa, qui ont forcé la suspension des vols à l'aéroport international, ont annoncé vendredi des négociateurs.

Les combats s'étaient intensifiés depuis jeudi dans la capitale yéménite faisant près de 40 morts parmi les rebelles d'Ansaruallah et les combattants du parti al-Islah épaulés par l'armée. La chaîne de télévision publique, cible des tirs, a dû interrompre brièvement ses émissions.

Selon l'un des négociateurs participant à une médiation menée par le représentant de l'ONU au Yémen, Jamal Benomar, le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, a donné son accord pour cesser les combats et «a désigné deux de ses adjoints pour signer l'accord à Sanaa dans les heures qui viennent, voire demain» samedi.

En début de semaine dernière, des responsables avaient fait état d'un accord imminent pour sortir le pays de la crise, mais les combats avaient ensuite repris de plus belle.

Après l'annonce de ce nouvel accord, les combats ont baissé d'intensité avec des tirs sporadiques entendus dans la capitale en milieu de journée, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Aucune précision n'a été donnée pour le moment sur les termes de cet accord qui semble avoir couronné les efforts de M. Benomar qui tente depuis plusieurs jours d'obtenir un cessez-le-feu.

Des négociateurs de la présidence de la République sont également présents à Saada (nord), fief d'Ansaruallah, pour les discussions avec le chef de la rébellion.

Vols suspendus durant 24 heures

Les rebelles chiites, soupçonnés de vouloir en découdre avec le parti Al-Islah qui détient d'importants postes gouvernementaux, exigeaient pour cesser les combats l'éviction du gouvernement accusé de corruption, un droit de regard sur la nomination des ministres et un accès sur la mer.

Ils avaient rejeté en août une proposition du président Abd Rabbo Mansour Hadi portant sur la nomination d'un nouveau Premier ministre et la réduction d'une augmentation controversée des prix du carburant, deux de leurs principales revendications.

Depuis plus d'un mois, eux et leurs partisans campent dans et autour de Sanaa, notamment sur la route conduisant à l'aéroport, et affrontaient sporadiquement les forces de sécurité au nord de Sanaa avant que les combats ne s'intensifient et n'atteignent la capitale.

Le secteur nord de Sanaa, où se trouve l'aéroport, le plus important du Yémen, a été le théâtre jeudi de violents combats entre les protagonistes, poussant à la suspension des vols.

«Les compagnies aériennes arabes et étrangères ont décidé de suspendre leurs vols sur Sanaa pendant 24 heures en raison des développements dans la capitale», a annoncé avant l'aube l'Autorité de l'Aviation civile dans un communiqué. Cette mesure sera prolongée ou reconsidérée «en fonction des conditions de sécurité».

Progression dans la capitale

Autre conséquence des combats, les trois chaînes de la télévision publique ont cessé d'émettre pendant une heure «en raison des tirs des houthis», a dit un responsable en parlant de la 1re chaîne de la télévision yéménite et des chaînes Yemen et Saba.

Depuis jeudi soir, les locaux de ces trois chaînes, dans la banlieue de J'raf, non loin de l'aéroport international, avaient été la cible de tirs. Le quartier abrite également plusieurs ministères.

Les rebelles avaient progressé dans le nord de la capitale et selon des habitants les forces gouvernementales avaient réussi tôt le matin à reprendre certaines de leurs positions.

Ces houthis -issus du zaïdisme, une branche du chiisme majoritaire dans le nord du Yémen, alors qu'à l'échelle nationale, les sunnites sont prédominants- étaient arrivés en juillet aux portes de Sanaa en prenant la ville d'Amrane d'où ils ont ensuite accepté de se retirer.

Ils contrôlent la région de Saada et sont soupçonnés notamment de vouloir élargir leur zone d'influence dans le futur État fédéral qui doit compter six provinces.

Le Yémen, pays très pauvre de la Péninsule arabique, reste le théâtre de graves troubles. Il fait aussi face à l'agitation de séparatistes dans le Sud et à des violences endémiques provoquées par Al-Qaïda.




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