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Irak: le scrutin des forces de sécurité endeuillé par des attentats

Un soldat irakien dépose son bulletin de vote... (Photo Mohammed Sawaf, Agence France-Presse)

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Un soldat irakien dépose son bulletin de vote dans la boîte de scrutin dans un bureau de Karbala, au sud de Bagdad.

Photo Mohammed Sawaf, Agence France-Presse

Camille Bouissou, Mohamad Ali Harissi
Agence France-Presse
Bagdad

Le vote des forces de sécurité irakiennes a été endeuillé lundi par une série d'attentats qui a fait au moins 57 morts, laissant présager le pire pour les élections législatives de mercredi.

Policiers et militaires ont voté deux jours plus tôt pour pouvoir surveiller le déroulement de ce premier scrutin national depuis le départ des troupes américaines fin 2011.

Lors des précédentes législatives, en 2010, des attentats avaient fait près de 40 morts et des dizaines de blessés.

Depuis, l'Irak s'est enfoncé dans une nouvelle spirale de violences, qui a fait près de 3000 morts depuis le début de l'année, dont quelque 600 membres des forces de sécurité.

Craignant une escalade à l'approche du vote, les autorités ont décrété 5 jours fériés --de dimanche à jeudi-- pour tenter de sécuriser le scrutin, auquel un peu plus de 20 millions d'électeurs sont inscrits.

Mais lundi, au moins 57 personnes, en majorité membres des forces de sécurité, ont péri dans des attaques qui ont également fait plus d'une centaine de blessés.

La majorité des attentats ont été perpétrés par des kamikazes contre des bureaux de vote, mais des convois de l'armée et un rassemblement ont également été pris pour cible.

L'attaque la plus meurtrière a frappé le nord-est du pays, où un kamikaze a tué au moins 30 personnes lors d'un rassemblement de partisans du président irakien Jalal Talabani, un Kurde hospitalisé en Allemagne depuis 2012.

Les victimes s'étaient rassemblées dans les rues de Khanaqin, ville majoritairement kurde près de la frontière iranienne, pour célébrer la diffusion d'une vidéo montrant, selon la chaîne de télévision, M. Talabani en train de voter.

À Kirkouk (nord de Bagdad), un attentat suicide contre un bureau de vote a tué au moins 8 policiers et fait 9 blessés. Un autre bureau de vote de la ville a été visé par un attentat suicide qui a fait un mort, et une bombe contre un convoi y a tué un soldat.

Dans la capitale, un kamikaze a fait détoner sa charge dans un bureau de vote, tuant sept policiers et faisant 15 blessés, selon des responsables de sécurité.

Mossoul (nord) a été frappée par plusieurs attaques, dont deux attentats suicide qui ont fait 8 blessés. En outre, au moins six journalistes irakiens ont été blessés dans l'attaque du bus qui les transportait vers un bureau de vote de la ville.

Parlement fantoche

Pourtant, à l'ouverture des bureaux de vote à 7h (minuit heure de l'Est), soldats et policiers s'alignaient devant les écoles du pays, avant de repartir le doigt marqué de la traditionnelle encre violette indiquant «a voté».

Plus de 9000 candidats sont en lice pour 328 sièges de députés. Le premier ministre chiite Nouri al-Maliki, candidat à un troisième mandat, est donné favori en l'absence d'un véritable adversaire et face à une opposition divisée.

Outre l'insécurité grandissante, les Irakiens sont lassés du chômage, de la corruption et du manque criant de services publics.

«Les Irakiens veulent le changement. Le gouvernement doit changer, car il a échoué dans les grandes largeurs», lançait Jawad Kadhem, un sous-officier de police qui attend devant un bureau de vote du centre de Bagdad.

«Le Parlement n'a rien fait», renchérissait le général de brigade Yahiya Saad Yahyia, 56 ans, un ancien soldat de l'armée de Saddam Hussein désormais employé au ministère de l'Intérieur.

Les députés n'ont en effet approuvé que très peu de projets de loi depuis 2010.

«Crise sécuritaire»

La spirale de violences a placé la situation sécuritaire au coeur des débats, alors que certaines zones, tombées aux mains d'insurgés, dont des jihadistes, ne pourront probablement pas voter.

M. Maliki et son parti, l'Alliance pour l'État de droit, ont fait campagne sur la nécessité de s'unir derrière le gouvernement pour mettre fin au bain de sang.

Il «utilise la crise sécuritaire pour détourner le débat sur l'insatisfaction de la population vis-à-vis du gouvernement», explique Michael Knights, du Washington Institute for Near East Policy. «S'il réussit, la crise sécuritaire pourrait lui être très bénéfique».

En plus des quelque 800 000 membres des forces de sécurité, les malades hospitalisés, le personnel médical, les prisonniers et leurs gardiens votent également lundi.

Les Irakiens de l'étranger, qui ont commencé à voter dimanche dans 19 pays, ont eux jusqu'à lundi soir pour se rendre aux urnes.




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