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Afghanistan: ouverture de la campagne présidentielle

Le candidat Abdullah Abdullah (au centre), est l'un... (Photo WAKIL KOHSAR, AFP)

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Le candidat Abdullah Abdullah (au centre), est l'un des favoris du scrutin.

Photo WAKIL KOHSAR, AFP

Edouard GUIHAIRE, Usman SHARIFI
Agence France-Presse
KABOUL, Afghanistan

Les candidats à la présidentielle afghane tenaient dimanche à Kaboul leurs premières grandes réunions politiques à l'occasion de l'ouverture officielle de la campagne électorale, endeuillée par les meurtres de deux membres de l'équipe d'Abdullah Abdullah, un des favoris du scrutin.

Un spectacle de danse, accompagné d'un concert de percussions: c'est ainsi qu'ont été accueillies les quelques milliers de personnes venues assister à une réunion d'Ashraf Ghani, un des onze prétendants à la succession de Hamid Karzaï, à qui la constitution interdit de briguer un troisième mandat.

La réunion politique a été organisée dans une immense salle de réception de la capitale afghane, un lieu tout en dorures habituellement réservé pour les mariages, et paré pour l'occasion de grandes affiches de M. Ghani, ancien ministre des Finances et économiste de renom.

À l'extérieur, le service de sécurité est sur les dents: les meurtres de deux membres de l'équipe d'un autre candidat, Abdullah Abdullah, abattus en pleine rue par des hommes armés samedi soir à Hérat (ouest), ont ravivé les craintes quant à la sécurité de l'élection.

Policiers armés de fusils d'assaut, palpations systématiques, portiques de sécurité... les participants à la réunion ont même été invités à se débarrasser d'effets personnels considérés comme «suspects», les briquets par exemple.

«Si je suis ici, c'est pour jouer un rôle dans cette élection», a déclaré à l'AFP Milad, 21 ans. «Ashraf Ghani est quelqu'un de bien, qui peut conduire notre pays vers un avenir meilleur».

À la tribune, le candidat a présenté un programme axé sur les jeunes, les droits des femmes et la lutte contre la corruption, fléau qui mine les institutions afghanes. «Le changement, c'est nous!», a-t-il lancé, sous les applaudissements.

Quelques centaines de mètres plus loin, dans une autre salle des fêtes, M. Abdullah a également tenu une réunion politique.

«Il risque d'y avoir d'autres attaques»

Arrivé en deuxième position au premier tour de la précédente élection, en 2009, il s'était retiré du second tour après avoir dénoncé, comme nombre d'observateurs, des fraudes massives, entraînant de facto la réélection de M. Karzaï.

Lors de son discours, M. Abdullah a insisté sur ce point, en indiquant qu'il accepterait le résultat de l'élection, à condition qu'«elle ne soit pas entachée de fraude».

Le candidat a également adressé ses «condoléances» aux familles des deux membres de son équipe abattus à Hérat.

Cette attaque a été «fermement condamnée» par le chef de la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama), Jan Kubis, qui a déploré dans un communiqué «toute tentative visant à saboter le processus électoral».

Ces deux meurtres, qui n'ont pas été revendiqués, font resurgir le spectre de l'élection de 2009, un scrutin chaotique marqué par les violences des talibans.

«Cette attaque est dramatique, mais elle était prévisible», a estimé Waheed Wafa, un expert de l'université de Kaboul.

«Ceux qui veulent perturber le scrutin s'en prendront d'abord à des cibles faciles, comme les membres des équipes de campagne dans les provinces. Il risque d'y avoir d'autres attaques de ce type», a-t-il ajouté.

La course à la présidence afghane, dont le premier tour aura lieu le 5 avril prochain, fait figure de test pour la stabilité et l'avenir du pays, et plus largement pour 12 ans d'intervention occidentale marquée par des dizaines de milliards de dollars d'aide.

Elle survient alors que l'Afghanistan, en proie à une violente insurrection des talibans, aborde une période d'incertitude à l'approche du retrait, à la fin de l'année, des 58 000 soldats de la force internationale de l'Otan (Isaf).

Ces lourds enjeux étaient bien souvent au coeur des préoccupations des personnes venues dimanche à Kaboul pour soutenir les différents candidats.

«Si nous ne votons pas, nous risquons de perdre tous les progrès qui ont été faits ces dernières années, en particulier en matière de droits des femmes», a dit Freshta Maqsoodi, une étudiante de 22 ans, lors de la réunion d'Abdullah Abdullah.




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