Des attaques, dont un attentat à la voiture piégée près d'un café et une autre devant un commissariat de police, ont fait 22 morts lundi en Irak, où les autorités ne parviennent pas à juguler la flambée de violences.

Publié le 9 déc. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

L'attaque la plus meurtrière a eu lieu à Bouhrouz, une ville majoritairement sunnite de la province mixte de Diyala, au nord-est de Bagdad, où une voiture piégée a explosé près d'un café, tuant 11 personnes et en blessant 22, ont indiqué la police et un médecin.

Des dizaines de cafés ont été pris pour cibles ces derniers mois en Irak, ainsi que d'autres lieux fréquentés, tels que marchés et mosquées, en dépit de la quasi-omniprésence des forces de l'ordre.

Un autre véhicule piégé a explosé près d'un commissariat de Tarmiyah, au nord de Bagdad, tuant trois policiers et en blessant neuf autres.

Dans la capitale, une bombe posée sur le bas côté de la route a tué deux miliciens anti-Qaïda, et des hommes armés de fusils à silencieux ont abattu le propriétaire d'un magasin.

Au sud de Bagdad, un autre engin explosif sur la route a fait au moins deux morts près d'un marché de la région de Besmaya, et une explosion à Madaïn a tué au moins un soldat.

Et dans le nord de l'Irak, un chauffeur de taxia péri dans l'explosion d'une bombe posée sur la chaussée à Touz Khourmatou, tandis que des hommes armés ont abattu un policier dans la ville voisine de Mossoul.

Ces attaques interviennent au lendemain d'une série d'attentats à travers le pays, dont 14 explosions dans la seule capitale, qui ont fait 39 morts.

Autant de personnes ont péri dans les violences en Irak pendant les huit premiers jours de décembre de cette année que pendant le mois entier en 2012.

Cette flambée des violences, qui ont retrouvé des niveaux semblables à ceux de 2008, est attribuée par les autorités à des insurgés liés à Al-Qaïda, enhardis par la guerre civile en Syrie voisine. Mais analystes et diplomates soulignent que le gouvernement n'a pas fait assez pour répondre au mécontentement dans le pays qui alimente les violences.

Des membres de la communauté sunnite, minoritaire en Irak, se plaignent de discrimination de la part du gouvernement dirigé par les chiites, et cela fait près d'un an qu'ils manifestent.

Plus de 6300 personnes ont trouvé la mort dans les violences en Irak cette année, selon un bilan compilé par l'AFP.