Vingt personnes ont été tuées vendredi en Irak, principalement dans des secteurs à majorité sunnite, ont indiqué des responsables, ce qui a poussé cette communauté minoritaire dans le pays à fermer nombre de mosquées, jugeant inadéquate la protection policière.

L'Irak connaît une recrudescence des violences depuis le début de l'année, avec plus de 5800 morts pendant cette période, renouant avec les niveaux de 2008 lorsque le pays sortait d'un conflit particulièrement sanglant entre chiites et sunnites.

Cinq fusillades isolées à Bagdad, dont une à proximité d'une mosquée sunnite, ont fait au moins 11 morts, selon des responsables des services médicaux et de sécurité.

Non loin de là, des bombes dans les villes d'Abou Ghraib et Tarmiyah, en majorité sunnites, ont tué trois personnes.

D'autres attaques près de Mossoul, une ville en grande partie sunnite du nord du pays, ont fait quatre morts: deux policiers et deux soldats.

Et à Khales, une ville de la province de Diyala, un imam sunnite et son garde ont été tués par un inconnu armé.

Face à l'escalade de la violence, le premier ministre chiite Nouri al-Maliki a demandé fin octobre l'aide de Washington sous la forme d'un plus grand partage des renseignements et d'armements, en particulier pour lutter contre le réseau extrémiste sunnite Al-Qaïda qui a revendiqué nombre d'attentats.

Mais diplomates et analystes estiment que le gouvernement n'agit pas suffisamment pour combattre les racines des violences.

Signe de la frustration de la minorité sunnite, qui s'estime discriminée par le gouvernement dominé par les chiites, plusieurs mosquées sunnites ont décidé vendredi de fermer leurs portes jusqu'à nouvel ordre, en raison de la multiplication des attaques contre des prédicateurs, des responsables ou des lieux de cultes.

«L'État affirme combattre le terrorisme alors les autorités devraient protéger les mosquées, et la vie des fidèles», a déploré Abou Ahmed, un fonctionnaire à la retraite participant à la dernière prière à la mosquée Omar al-Moukhtar, dans le quartier de Yarmouk dans l'ouest de Bagdad.

«La balle est dans le camp du gouvernement», a estimé de son côté l'imam, Zakaria al-Tamimi, s'apprêtant à fermer sa mosquée en vertu de la décision d'un groupe de dignitaires sunnites.

«On verra s'il va arrêter de soutenir les insurgés, de déplacer les sunnites, de les arrêter arbitrairement, s'il va changer et traiter tous les citoyens de façon égalitaire», a-t-il ajouté.

La paralysie de l'appareil politique, due en grande partie aux différends entre sunnites et chiites, associée à une corruption endémique, contribuent également à alimenter l'instabilité.

L'escalade de la violence est en outre liée au conflit en Syrie qui a enhardi, selon eux, les groupes liés à Al-Qaïda.