Si L'Iran parvenait à fabriquer une bombe atomique, alors tous les pays du Moyen-Orient lui emboiteront le pas, avertit le président d'Israël, Shimon Peres, dans un entretien publié par l'hebdomadaire dominical français Le Journal du Dimanche.

Publié le 16 nov. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Ce dont nous sommes convaincus, c'est que si l'Iran fabrique sa bombe, tous les pays du Moyen-Orient voudront faire la même chose», assure le président israélien, qui accueille dimanche en Israël son homologue français François Hollande.

M. Peres, qui dit avoir apprécié la position de fermeté de la France à l'égard de Téhéran dans les négociations sur le nucléaire iranien, souligne que «la pression ne doit pas être relâchée» pour aboutir à ce que l'Iran renonce «au moins pour le long terme» à son programme nucléaire.

«C'est vrai que nous avons vraiment apprécié en Israël la position française de fermeté à l'égard de l'Iran», déclare le président israélien dans cet entretien.

Dans une interview cette semaine au quotidien Le Figaro, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait appelé Paris à ne pas «fléchir» face à l'Iran dont le programme nucléaire sera au centre de nouvelles négociations à Genève à partir du 20 novembre.

«D'abord, nous n'avons jamais dit que nous avions la bombe. Ensuite, nous n'avons jamais menacé qui que ce soit», déclare également M. Peres, interrogé sur les soupçons récurrents d'un développement de l'arme atomique par Israël.

La dissuasion nucléaire doit être jugée «en fonction de celui qui possède la bombe. S'il a un comportement agressif, soutient le terrorisme et développe une stratégie hégémonique, cela pose un problème», juge encore M. Peres.

Interrogé sur le processus de paix, au point mort entre Israéliens et Palestiniens et que la France espère contribuer à relancer, le président israélien juge que les deux parties doivent résoudre ensemble leurs différences, sans accepter un plan imposé de l'extérieur.

«Je ne crois pas que les Américains chercheront à nous imposer leur propre plan et que ce soit la bonne solution. Nous devons, avec les Palestiniens, résoudre nos différences pacifiquement», juge M. Peres.