L'ex-premier ministre britannique Tony Blair a admis mardi que la situation en Irak était «loin d'être» celle qu'il avait imaginée lorsqu'il a décidé d'engager le Royaume-Uni dans le conflit.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il y a eu des améliorations importantes pour la population dans de nombreuses parties du pays, mais je suis d'accord avec vous, c'est loin d'être ce que ça devrait être», a-t-il déclaré lors d'une interview accordée à la télévision britannique BBC, à l'occasion des dix ans du conflit.

Environ 162 000 personnes ont été tuées, entre le début de l'opération armée menée par les États-Unis, en 2003, et le retrait des troupes américaines en décembre 2011. Au total, 80 % des victimes étaient des civils, selon les chiffres de l'ONG britannique Iraq Body Count.

Tony Blair, qui est resté dix ans à la tête du Royaume-Uni avant de quitter ses fonctions en 2007, a expliqué que son ancienne fonction impliquait de faire d'«affreux» choix et que ce serait une «immense erreur» de penser que le Royaume-Uni aurait pu rester en dehors de ce conflit et de cette région du monde.

Il a également laissé entendre que si Saddam Hussein était encore au pouvoir et qu'une révolution similaire au «printemps arabe» éclatait dans le pays, le dictateur irakien aurait été «vingt fois pire que (le président Bachar al) Assad en Syrie».

Tout en reconnaissant que l'invasion de l'Irak restait toujours un sujet qui divise, Tony Blair a tenu à rappeler combien la décision d'engager des troupes britanniques dans le conflit irakien avait été «complexe et difficile» à prendre.

«Ça fait longtemps que je ne cherche plus à persuader les gens que c'était la bonne décision», a-t-il ajouté.

Ancien leader du Parti travailliste puis chef du gouvernement, Tony Blair avait engagé le Royaume-Uni aux côtés des États-Unis dans la coalition armée qui avait provoqué la chute du dictateur Saddam Hussein, condamné à mort en 2006.

Tony Blair est actuellement l'envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient qui comprend les Nations unies, les États-Unis, l'Union européenne et la Russie.