Une campagne de piratage informatique contre Israël a frappé lundi les sites officiels de la Bourse de Tel-Aviv et de la compagnie aérienne El Al, inaccessibles au public, nouvel épisode d'une cyberoffensive revendiquée par des «hackers» arabes.

Publié le 16 janv. 2012
Jean-Luc Renaudie AGENCE FRANCE-PRESSE

La semaine dernière, des pirates affirmant être saoudiens ou des Palestiniens de Gaza ont révélé les coordonnées de dizaines de milliers de cartes de crédit appartenant à des Israéliens et attaqué des sites publics israéliens, tels celui des pompiers.

«Il y a eu une attaque contre le site de la Bourse ce matin. Mais il est important de préciser que le système des transactions fonctionne sans problème», a affirmé la porte-parole de la Bourse, Idit Yaron.

Le site internet d'El Al, la compagnie aérienne nationale, était également inaccessible à la suite d'une cyberattaque. L'accès à une caisse d'assurance maladie a aussi été sérieusement perturbé, selon la radio publique.

Lundi matin, un pirate informatique se présentant sous le pseudonyme d'OxOmar avait averti qu'il allait attaquer dans la journée les sites de la Bourse de Tel-Aviv et d'El Al, avait indiqué le site internet israélien Ynet.

Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Dany Ayalon a qualifié ces attaques de «terrorisme» et menacé d'en «frapper» les auteurs dans le cyberespace.

Un responsable d'un plan gouvernemental de lutte contre les cyberattaques, Yitzhak Ben Israël, a révélé à la radio qu'une Autorité chargée de la défense des données fonctionnait depuis le 1er janvier.

«Mais ce n'est pas en deux semaines que l'on peut régler des problèmes, il faudra entre un et deux ans avant que nous puissions repousser les attaques de hackers du monde entier», s'est-il défendu.

Il a précisé que des sites comme ceux de l'armée et du renseignement avaient été protégés en priorité «depuis une quinzaine d'années».

En 2002, le gouvernement a ensuite étendu ces procédures de protection à des sites civils considérés comme «vitaux» tels que les compagnies d'électricité, de l'eau ou des chemins de fer. Des institutions civiles restent vulnérables, a-t-il souligné, sans préciser lesquelles «pour ne pas attirer l'attention des hackers».

Le quotidien Haaretz avait pour sa part déploré récemment que cette Autorité de protection des données ne dispose ni du budget ni du personnel suffisant pour mener à bien sa mission.

Le journaliste spécialiste des affaires de sécurité Yossi Melman a pour sa part confirmé à l'AFP qu'un retard avait été pris dans la défense des «organisations civiles par rapport à celles liées à la sécurité».

«Il est extrêmement difficile de voler des informations au Mossad (les services de renseignements) au ministère de la Défense ou à des unités de l'armée, alors qu'il est relativement plus facile de pénétrer dans des structures ou des organisations civiles», a ajouté Yossi Melman.

«Dans un sens, je suis content que ces attaques aient lieu et j'espère que ce genre de petits incidents vont continuer pendant un certain temps, car cela peut aider à une prise de conscience et plusieurs entreprises pourraient désormais prendre ces menaces plus au sérieux», a pour sa part affirmé à l'AFP Danny Dolev, enseignant en informatique à l'Université hébraïque de Jérusalem.

«Israël est mieux protégé que de nombreux pays, mais nous sommes encore loin de pouvoir dormir sur nos deux oreilles», a-t-il ajouté.

Un porte-parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, Sami Abou Zouhri, a d'ailleurs encouragé cette «nouvelle forme de résistance arabe et islamique contre l'occupation israélienne».

«Le Hamas rend hommage aux hackers arabes et appelle la jeunesse arabe à jouer son rôle dans le cyberespace face aux crimes israéliens», a-t-il dit à l'AFP, les appelant à «ignorer les menaces israéliennes» de représailles.