Les dirigeants du Fatah, parti du président palestinien Mahmoud Abbas, étaient réunis jeudi pour discuter de l'avenir de l'Autorité palestinienne, des démarches à l'ONU et des perspectives de reprise des négociations avec Israël.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Où allons-nous? C'est ce que j'ai dit au président (américain Barack) Obama», a déclaré M. Abbas dans un discours mercredi soir devant le Conseil révolutionnaire du Fatah, dont le texte a été publié jeudi.

«Nous allons discuter ici de nouveau de trois questions: les suggestions pour aller à l'Assemblée générale de l'ONU, les communiqués du Quartette et le fait que l'Autorité n'est pas une Autorité. Les gens et les institutions palestiniennes m'interrogent sur l'intérêt de son existence», a-t-il expliqué.

Formée à Gaza en 1994 à la suite des accords d'Oslo sur l'autonomie palestinienne, l'Autorité était censée préparer la création d'un État palestinien souverain après la conclusion d'un accord de paix définitif avec Israël.

«Nous voulons répondre à cette question, qui sera l'un des sujets dont nous discuterons avec notre frère Khaled Mechaal, le chef du Hamas et nous devons et allons y répondre: où allons-nous? Et la question est que l'Autorité n'est plus une Autorité», a insisté le président palestinien.

Mahmoud Abbas et Khaled Mechaal devraient se rencontrer en novembre afin de faire avancer la réconciliation entre le Fatah et son rival islamiste. Les deux parties sont d'accord sur le principe d'une rencontre, mais n'ont pas encore fixé de date.

Le Conseil révolutionnaire du Fatah, réuni à Ramallah, en Cisjordanie, jusqu'à vendredi, doit aussi débattre des propositions du Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Union européenne, ONU, Russie) pour relancer le processus de paix, et des initiatives palestiniennes à l'ONU.

Les émissaires du Quartette ont rencontré mercredi séparément des représentants palestiniens et israéliens à Jérusalem, mais sans avancée concrète.

Selon un communiqué publié par les envoyés du Quartette, les deux parties «ont exprimé leur volonté de coopérer avec le Quartette, sur la base de sa déclaration du 23 septembre, pour surmonter les obstacles actuels et reprendre les négociations directes bilatérales sans retard ni conditions préalables».

Les deux camps sont censés présenter des propositions détaillées sur le tracé des frontières et la sécurité dans les trois mois à venir.

Dans une déclaration à l'ONU le 23 septembre, quelques heures après le dépôt de la demande d'adhésion d'un État de Palestine aux Nations unies par Mahmoud Abbas, le Quartette a lancé un plan de relance des négociations de paix interrompues depuis plus d'un an entre Israël et les Palestiniens.

La proposition prévoit la conclusion d'un accord de paix en un an.

Par ailleurs, le Fatah doit examiner une proposition de la France qui a suggéré aux Palestiniens d'obtenir pour le moment un statut d'État observateur à l'Assemblée générale de l'ONU plutôt que de saisir le Conseil de sécurité pour tenter de devenir État membre à part entière, une démarche condamnée par la promesse d'un veto américain.

Enfin, les Palestiniens ont demandé leur adhésion à l'UNESCO en dépit de l'opposition des États-Unis et d'Israël.

«Nous ne renoncerons pas à la demande pour l'adhésion de la Palestine à l'UNESCO, où la bataille est très intense», a affirmé M. Abbas, affirmant ne voir «aucune justification» à l'abandon de cette candidature, sur laquelle les membres de l'agence de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, les sciences et la culture doivent se prononcer dans les jours qui viennent.

Les États-Unis ont prévenu mercredi qu'ils pourraient interrompre leur contribution à l'UNESCO en cas d'admission de la Palestine comme État membre à part entière.

De leur côté, les Israéliens ont présenté jeudi leur position par la voix de leur ministre de l'Éducation Gidéon Saar qui a mis en garde contre une «politisation» de l'UNESCO.