La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton est arrivée mercredi soir à Kaboul pour une visite-surprise en Afghanistan, a constaté un journaliste de l'AFP.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La durée et le programme précis de son séjour afghan n'ont pas été communiqués pour des raisons de sécurité.

L'avion de Mme Clinton, qui doit rencontrer jeudi (bien jeudi) le président afghan Hamid Karzaï, s'est posé à Kaboul vers 21h15 locales.

«L'objectif du déplacement est la volonté de la secrétaire de montrer l'engagement américain pour la sécurité et la stabilité en Afghanistan», a déclaré un haut responsable du département d'État aux journalistes qui l'accompagnent.

«Elle va notamment souligner que les États-Unis sont toujours attachés à la réconciliation en Afghanistan», notamment après l'assassinat le mois dernier de l'ancien président Burhanuddin Rabbani, a précisé ce responsable.

Rabbani avait été chargé par le président Hamid Karzaï de tenter de nouer des contacts avec les insurgés islamistes en vue d'entamer des négociations de paix, en sa qualité de président du Haut conseil pour la paix.

Mme Clinton doit par ailleurs évoquer l'accord stratégique que Washington négocie actuellement avec Kaboul pour l'après 2014, les relations entre l'Afghanistan et le Pakistan, ainsi que les prochaines conférences sur l'avenir du pays à Istanbul début novembre et à Bonn en décembre, selon ce haut responsable.

L'OTAN prévoit d'avoir retiré l'ensemble de ses troupes de combat d'ici à fin 2014, après avoir transmis la responsabilité de la sécurité aux forces afghanes, dans le cadre du processus de transition, entamé en juillet dans sept zones du pays.

En dix ans de conflit, l'insurrection des talibans n'a cessé de s'étendre et de gagner en intensité.

Les États-Unis apportent la principale contribution à la force de l'OTAN en Afghanistan (Isaf), dont les 130 000 hommes soutiennent le gouvernement du président Karzaï face aux talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition menée par les Américains.

L'armée américaine a entamé l'été dernier le retrait d'ici à 2012 d'un tiers de son contingent, soit 33 000 soldats.

Les dix ans de conflit afghan, qui en font l'une des guerres les plus longues de l'histoire américaine, ont déjà coûté la vie à plus de 2750 soldats étrangers, dont plus de 1.800 américains. Les seuls Etats-Unis y ont englouti plus de 444 milliards de dollars, selon l'Université américaine de Brown.

Cette guerre, qui dépasse désormais en durée l'occupation soviétique des années 1980, a pris des allures de bourbier chaque année plus sanglant, et les Etats-Unis et leurs alliés de l'OTAN cherchent une voie de sortie honorable, misant notamment sur des négociations avec les insurgés talibans.

Ces derniers ont toujours affirmé refuser de négocier avant le départ de l'ensemble des troupes internationales.

Les perspectives de négociations ont en outre été mises à mal par l'assassinat à Kaboul en septembre de l'ex-président Burhanuddin Rabbani, chargé par le président Karzaï de prendre les contacts avec les talibans en vue de pourparlers.