Seize civils, dont 11 enfants, ont été tués mardi après-midi par l'explosion d'une mine artisanale au passage de leur autocar en revenant d'un mariage dans l'ouest de l'Afghanistan, ont annoncé les autorités locales qui attribuent l'attentat aux talibans.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les bombes artisanales dissimulées en bordure des routes sont l'arme privilégiée des insurgés islamistes et constituent la principale cause des pertes civiles en dix ans de guerre.

«Un car transportant des passagers qui revenaient d'un mariage a sauté sur une mine artisanale dans le district de Shindand, et 16 personnes ont été tuées», 11 enfants, quatre femmes et un homme, a déclaré par téléphone à l'AFP Mohayedin Noori, porte-parole de l'administration de la province d'Hérat.

La zone où a été commis l'attentat «est en proie aux combats, les talibans y sont actifs, nous pensons qu'ils sont responsables de la mort de ces civils», a déclaré à l'AFP Noor Khan Neikzad, le chef de la police d'Hérat.

L'attaque n'a pas été revendiquée.

Les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les États-Unis, ont intensifié leur insurrection ces dernières années malgré la présence d'environ 140 000 soldats étrangers, et mènent des actions de guérilla dans la quasi-totalité du pays.

La province d'Hérat est souvent le théâtre d'attentats par le biais des mines disposées par les talibans pour cibler essentiellement les forces afghanes et internationales, mais qui n'épargnent pas les civils.

Le 18 août dernier, les 22 occupants d'un minibus, dont des femmes et des enfants, avaient été tués par l'explosion d'un de ces engins artisanaux dans le district d'Obe, non loin du Shindand.

Les talibans, joints par l'AFP au téléphone, avaient alors nié toute responsabilité comme ils le font habituellement quand les attentats tuent des civils.

L'ONU a dénoncé l'utilisation «contraire au droit humanitaire international» par les insurgés de ces bombes ou mines artisanales qui tuent sans discriminer.

Les civils sont de loin les premières victimes du conflit afghan. Plus de 1460 Afghans ont été tués au premier semestre 2011, dont 80% dans des actions imputables aux insurgés, selon l'ONU.

Dans la matinée, un attentat-suicide à la voiture piégée -une des autres armes favorites des talibans- a tué mardi trois policiers et deux civils à proximité du siège de la police de Lashkar Gah, la capitale de la province du Helmand, selon les autorités locales et l'armée.

Lashkar Gah a été l'une des sept zones pour lesquelles la force de l'OTAN a remis cette année la responsabilité de la sécurité dans les mains de l'armée et de la police afghanes, dans le cadre du processus de retrait progressif de toutes les troupes de combat de la force internationale d'Afghanistan d'ici à fin 2014.