Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Danny Ayalon a prévenu jeudi qu'une demande d'adhésion d'un État de Palestine à l'ONU marquerait la fin de tous les accords conclus avec les Palestiniens.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Si les Palestiniens prennent une telle décision unilatérale, cela signifiera l'annulation de tous les accords, libérera Israël de tous ses engagements et les Palestiniens en porteront l'entière responsabilité», a affirmé M. Ayalon à la radio publique.

Ce responsable s'est toutefois refusé à donner des détails sur les mesures de représailles qu'Israël pourrait prendre. «Pour le moment nous préférons ne pas donner de détails sur ce que sera notre réponse», s'est-il contenté d'affirmer.

Mercredi, le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman avait mis en garde les Palestiniens sur les «conséquences dures et graves» que pourrait avoir une demande d'adhésion d'un État à l'ONU.

Israël et les États-Unis s'opposent à la demande que doit présenter Mahmoud Abbas la semaine prochaine à l'ONU et prônent un retour à des négociations directes totalement gelées depuis un an.

Le président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s'engagent sur la voie d'une confrontation à l'Assemblée générale de l'ONU.

«Malgré les pressions que nous subissons, la Palestine va à l'ONU le 23 de ce mois pour réclamer son admission en tant que membre à part entière», a déclaré mercredi soir à la télévision égyptienne M. Abbas, qui devait recevoir jeudi l'émissaire américain pour le Proche-Orient David Hale et le conseiller spécial du président Barack Obama, Dennis Ross.

«La démarche aux Nations unies pour demander l'adhésion à part entière de l'État de Palestine est une affaire réglée et irréversible», a-t-il ajouté, au lendemain d'entretiens avec l'envoyé spécial du Quartette sur le Proche-Orient (États-Unis, Russie, UE, ONU) Tony Blair, quelques jours après une rencontre avec la chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton.

Mme Ashton s'est entretenue jeudi matin à Jérusalem avec M. Nétanyahou pour la deuxième fois en 24 heures avant de rentrer à Bruxelles. Elle a aussi vu les deux émissaires américains. Ces derniers ont par ailleurs rencontré le président israélien Shimon Peres.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a précisé que M. Abbas présenterait la demande d'adhésion au terme de son discours à la tribune de l'Assemblée générale le 23 septembre, à moins d'une improbable «proposition crédible» de retour aux négociations d'ici là.

«Nous allons examiner si l'un d'entre eux apporte une proposition crédible qui mérite que nous l'examinions», a déclaré M. Malki, en référence au ballet des émissaires américains, européens et du Quartette dans la région.

La discussion ne pourrait s'engager que sur une proposition «pour reprendre des négociations sur une base ferme, avec des termes de référence clairs, un calendrier clair et des garanties claires», a souligné le ministre.

«Autrement, le 23, à 12h30, le président soumettra la demande» au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a-t-il indiqué.

«Jusqu'à présent, nous ne voyons aucune proposition qui exige que nous l'examinions sérieusement», a précisé le ministre palestinien, ajoutant: «La rencontre hier avec Tony Blair n'a rien amené de nouveau».

MM. Hale et Ross prévoient de se réunir dimanche à New York avec leurs homologues représentant les autres membres du Quartette, a indiqué le département d'État.

M. Nétanyahou a annoncé jeudi qu'il présenterait les arguments d'Israël contre la revendication palestinienne dans un discours à l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine.

«J'ai pensé qu'il serait justifié de m'adresser aux Nations unies et leur faire part des faits tels qu'ils sont», a-t-il expliqué.

«Je dirai la vérité, la simple vérité, qu'Israël veut la paix et a tenté de négocier depuis deux ans et demi», a affirmé le premier ministre, en référence à la date de son accession au pouvoir le 31 mars 2009.

«Nous savons que la paix dépend de la reconnaissance (mutuelle) et de la sécurité», a-t-il poursuivi.

Selon les médias israéliens, M. Nétanyahou avait envisagé dans un premier temps de ne pas se rendre à New York, préférant laisser cette responsabilité à Shimon Peres.

Israël et les États-Unis s'opposent à la demande d'adhésion d'un État de Palestine, arguant que la paix ne peut être le résultat que d'un retour à des négociations directes totalement gelées depuis un an.

Les Palestiniens réclament l'adhésion d'un État sur les lignes de 1967, soit l'ensemble de la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, affirmant que ce changement de statut à l'ONU permettra de refonder les négociations de paix sur de meilleures bases en corrigeant le déséquilibre des forces avec Israël.