La trêve de fait entre le Hamas et Israël semble bel et bien rompue. Samedi, des villes israéliennes du sud du pays ont essuyé le plus grand nombre de tirs d'obus en provenance de la bande de Gaza depuis deux ans, faisant deux blessés, selon les médias israéliens.

Mis à jour le 21 mars 2011
Janie Gosselin LA PRESSE

La riposte de l'armée israélienne a fait cinq blessés, d'après les indications d'un porte-parole des services d'urgence de la bande de Gaza à l'Agence France-Presse. Hier, une nouvelle roquette aurait été lancée en direction de la ville israélienne d'Ashkelon.

Dans un autre incident survenu samedi soir, l'armée a indiqué avoir abattu deux jeunes Palestiniens dans le nord de la bande de Gaza, près de la clôture frontalière.

Samedi, une cinquantaine d'obus auraient été tirés en provenance de la bande de Gaza, le nombre le plus élevé depuis l'offensive Plomb durci en décembre 2008 et janvier 2009.

L'opération militaire avait coûté la vie à 1400 personnes du côté palestinien et 13 du côté israélien. Depuis, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, observait une trêve de fait, même si les tirs n'ont jamais complètement cessé. En janvier, le mouvement radical islamiste avait rappelé aux groupes armés sur son territoire ses directives pour faire respecter le cessez-le-feu. Les tirs ont ralenti, mais s'élevaient hier à plus de 100 projectiles depuis le début de l'année, selon l'armée israélienne.

Fait rare, la division armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a revendiqué des dizaines de tirs d'obus samedi. Il s'agirait d'une riposte à un raid aérien mené par l'armée israélienne mercredi à Gaza et au cours duquel deux membres des Brigades Ezzedine Al-Qassam ont été tués.

Le gouvernement israélien tient le Hamas pour responsable de tous les tirs lancés de la bande de Gaza.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a prévenu dans un communiqué que l'État hébreu prendrait «toutes les mesures nécessaires pour protéger ses citoyens».

La chef de l'opposition israélienne, Tzipi Livni, a appelé à une nouvelle campagne militaire. «La façon de gérer cela est la force, exactement comme Israël l'a fait pendant et après l'opération Plomb durci», a-t-elle dit, selon le site internet Ynet.

Demandes de réconciliation

Les tirs surviennent alors que la pression populaire s'accroît pour une réconciliation entre le Hamas et le Fatah, qui gouverne la Cisjordanie à la tête de l'Autorité palestinienne. Des Palestiniens ont manifesté la semaine dernière dans plusieurs grandes villes pour mettre fin aux divisions qui séparent les gouvernements des deux territoires palestiniens. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a par ailleurs indiqué la semaine dernière son intention de se rendre à Gaza pour discuter de la question.

Les deux partis sont à couteaux tirés depuis 2007, lorsque le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza. Tous les efforts de réconciliation au cours des dernières années ont échoué.

Le Hamas a utilisé la force la semaine dernière pour disperser des manifestations contre les divisions interpalestiniennes. Des journalistes ont aussi été battus et détenus.