Le Palestinien qui aurait été enlevé en Ukraine le mois dernier est bel et bien détenu en Israël, a confirmé le service de sécurité interne d'Israël, le Shin Bet, dimanche.

Publié le 20 mars 2011
ASSOCIATED PRESS

Les circonstances entourant l'affaire demeurent incertaines en raison d'un bâillon imposé par Israël.

Dirar Abu Sisi aurait été enlevé dans un train en Ukraine à l'aube, le 19 février, dans la ville de Kharkiv, située à l'est de la capitale, Kiev. M. Abu Sisi était au pays avec son épouse ukrainienne, Veronika, pour tenter d'y obtenir la citoyenneté. Le Palestinien, un ingénieur principal, travaillait pour une centrale électrique de Gaza.

Une cour israélienne a partiellement levé l'ordre de bâillon, dimanche, après qu'un groupe israélien de défense des droits de la personne en eut fait la demande. On sait seulement que l'homme de 42 ans est incarcéré en Israël, tandis que les autres détails de sa détention demeureront sujet à une ordonnance de non publication pour le prochain mois.

L'avocate israélienne de M. Abu Sisi, Smadar Ben-Natan, a indiqué que son client était en «bonne santé».

L'épouse de M. Abu Sisi, qui s'est convertie à l'islam pour se marier avec lui, s'est entretenue avec l'Associated Press peu de temps après sa disparition.

La police ukrainienne lui aurait indiqué que deux hommes avaient escorté M. Abu Sisi à l'extérieur de son train, près de la ville de Poltava.

Elle a nié les allégations selon lesquelles son mari serait un sympathisant du Hamas, soutenant que son mari n'a jamais milité pour des fins politiques. Elle a ajouté qu'il ne s'était jamais joint à aucun groupe violent.

À Gaza, des collègues ingénieurs et voisins ont affirmé à l'Associated Press qu'il était un partisan du Hamas et que c'était grâce à ses contacts qu'il avait obtenu son poste de direction à la centrale.

Le Hamas figure sur la liste des organisations terroristes d'Israël, des États-Unis et de l'Union européenne, en raison de ses attaques à la roquette et de ses attentats à la bombe contre des civils israéliens.

Le Haut Commissariat des réfugiés de l'ONU avait indiqué, plus tôt ce mois-ci, que M. Abu Sisi avait été incarcéré en Israël peu de temps après sa disparition. L'agence onusienne soupçonne Israël et peut-être l'Ukraine d'avoir orchestré cet enlèvement.

Le ministre de l'Intérieur palestinien, issu du groupe Hamas, a affirmé par voie de communiqué qu'il tenait Israël responsable de la sécurité de M. Abu Sisi. Il a appelé l'Ukraine à collaborer pour obtenir sa libération.