Avec un total de 166 soldats tués, les mois de juin et juillet ont été les plus meurtriers pour les États-Unis en Afghanistan depuis le début de la guerre à la fin 2001. L'armée américaine prévoit encore un durcissement des combats dans les mois à venir, malgré les renforts de troupes voulus par Barack Obama, alors que diminue le soutien international à un conflit qui semble s'enliser.

Robert Reid ASSOCIATED PRESS

«Les derniers mois en Afghanistan ont été le théâtre de combats intenses et de lourdes pertes. C'était attendu», avait déclaré le général David Petraeus, commandant des forces américaines et de l'OTAN, lors de son audition de confirmation devant le Sénat le mois dernier. «Je pense que ces combats intenses vont se poursuivre, et même s'aggraver au cours des prochains mois».

Après une baisse des pertes américaines au printemps, consécutive à la prise en février de la ville de Marjah, dans le sud de l'Afghanistan, le bilan n'a cessé de croître: de 19 soldats tués en avril à 34 en mai, à 60 en juin et 66 en juillet, ces deux derniers mois devenant coup sur coup les plus meurtriers du conflit.

Pour certains militaires américains, la baisse du printemps s'explique par la récolte annuelle du pavot, principale source de revenus de l'insurrection afghane, à laquelle étaient occupés les talibans dans le Sud, théâtre des principales opérations de l'armée des États-Unis.

Une fois la récolte achevée, les insurgés ont repris les combats, au moment où les renforts décidés par le président Barack Obama affluaient dans le pays. Environ 95 000 soldats américains sont aujourd'hui déployés en Afghanistan, un chiffre qui devrait grimper jusqu'à 100 000 fin août, soit trois fois plus qu'au début 2009.

Or, pour les hauts-gradés américains, plus de soldats sur le terrain signifie inévitablement plus de pertes. D'autant plus que les opérations militaires se concentrent sur les fiefs talibans du sud du pays que sont la vallée d'Arghandab, Panjwaii et Zhari, dans les faubourgs de Kandahar, berceau de l'insurrection.

Le Ramadan, qui débutera autour du 11 août, pourrait entraîner une accalmie. Certains commandants américains craignent toutefois que ce mois de jeûne musulman n'ait aucune influence sur les combats, les talibans pouvant décider de maintenir le rythme de leurs opérations pour défendre la région symbolique de Kandahar.

«Nous allons vers des endroits qui sont des bases de soutien important pour les talibans depuis des années, et ils vont se battre pour les défendre», explique le général adjoint David Rodriguez, en charge des opérations quotidiennes. «C'est pour cela que nous nous attendons à une augmentation des pertes».

En ciblant Kandahar, l'Otan veut s'emparer du berceau de l'insurrection talibane et espère ainsi pouvoir contrôler l'ensemble du sud de l'Afghanistan. Mais l'augmentation des pertes pourrait affaiblir le soutien au conflit aux États-Unis et dans les 45 autres pays engagés sur le terrain -particulièrement si l'Alliance atlantique n'annonce pas d'avancées.

Les Pays-Bas devaient ainsi retirer d'ici la fin juillet les derniers de leurs 1 600 soldats déployés et le Canada prévoit le retour au pays de ses 2 700 militaires l'année prochaine. Barack Obama s'est, lui, engagé à entamer le retrait américain en juillet 2011, à un rythme qui sera décidé en fonction de la situation sur le terrain.