Le général américain David Petraeus, chef des forces américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale, s'est rendu au Pakistan lundi, afin de renforcer les relations avec cet allié-clé des États-Unis dans la région.

Mis à jour le 22 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Petreaus, qui commande les forces américaines engagées en Irak et en Afghanistan, a rencontré, peu après son arrivée, le Premier ministre Yousuf Raza Gilani et le chef d'état-major de l'armée pakistanaise le général Ashfaq Kayani, selon un communiqué du cabinet du Premier ministre.

«Le général Petraeus a exprimé sa reconnaissance pour l'engagement et les sacrifice des forces de sécurité, des forces armées et du peuple pakistanais dans l'éradication de l'activisme et du terrorisme», indique le communiqué.

Au cours de leur entretien, le Premier ministre pakistanais a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre Washington et Islamabad, selon le texte.

«M. Gilani a indiqué que l'intervalle entre le point culminant des opérations (militaires) et la reconstruction des zones touchées par l'insurrection devait être comblé pour développer la confiance des populations», indique le communiqué.

«Les relations stratégiques à long terme entre les États-Unis et le Pakistan doivent être rendues plus significatives pour combler encore plus le déficit de confiance et aider à développer une coopération plus resserrée dans tous les secteurs», a poursuivi le Premier ministre.

Cette visite intervient peu après la récente capture du mollah Abdul Ghani Baradar, présenté comme le chef militaire des talibans afghans, arrêté au cours, selon les médias américains, d'une opération conjointe entre services de renseignements américains et pakistanais.

Des analystes ont cru discerner dans l'arrestation de Baradar un revirement du Pakistan - suspecté par l'Occident de soutenir l'insurrection talibane en Afghanistan - dans sa politique vis-à-vis des talibans.

La visite du général américain coïncide également avec un attentat-suicide lundi contre un convoi militaire dans la vallée de Swat (nord-ouest du Pakistan) qui a fait neuf morts, dont des femmes et des enfants.

En avril, la reprise par l'armée pakistanaise de la vallée de Swat - site touristique le plus prisé du Pakistan, sur les premiers contreforts de la chaîne himalayenne de l'Hindou Kouch -, dont les talibans s'étaient emparés en automne 2007, avait été présentée comme un succès.

En dépit d'un calme relatif depuis, des affrontements sporadiques et des attentats-suicide ont continué dans la vallée au cours des sept derniers mois.

L'armée pakistanaise mène depuis octobre une vaste offensive contre les talibans alliés au réseau Al-Qaïda dans le district tribal du Waziristan du Sud, dans le nord-ouest du pays, près de la frontière avec l'Afghanistan.