(Bucarest) La Roumanie et la Bulgarie ont jugé vendredi « inacceptable » la demande de la Russie d’un retrait des troupes étrangères de l’OTAN présentes sur leur sol, dans le cadre d’un traité que Moscou réclame pour une désescalade de la crise ukrainienne.  

Publié le 21 janvier
Agence France-Presse

« Une telle exigence est inacceptable et ne peut pas faire partie des sujets de négociation », a réagi le ministère des Affaires étrangères roumain dans un communiqué.

« Inacceptable et absurde »

Même réaction du côté du président bulgare Roumen Radev : « l’insistance de la Russie […] est inacceptable et absurde », a estimé le chef des forces armées du pays, pourtant considéré comme ayant des sympathies prorusses. « Notre pays n’accepte d’ultimatum de personne ».

Le premier ministre Kiril Petkov a également insisté sur « la souveraineté » de la Bulgarie, « qui a fait son propre choix en rejoignant l’OTAN » en 2004, comme la Roumanie.

PHOTO ÉTAT MAJOR DES ARMÉES, VIA AGENCE FRANCE-PRESSE

Cette photo prise de la passerelle d'un navire français montre la frégate roumaine Regina Maria durant des manoeuvres en mer Noire le 20 décembre 2021.

« Nous décidons seuls comment organiser notre défense en coordination avec nos partenaires », a-t-il déclaré au Parlement, soulignant que Sofia ne saurait être « un membre de seconde zone ».

La Russie, citant nommément la Roumanie et la Bulgarie, avait réclamé plus tôt « un retrait des forces étrangères, des équipements et des armements » dans le but de revenir à la situation de 1997 dans les pays qui n’étaient pas alors membres de l’OTAN. La liste comprend 14 pays issus de l’ex-bloc communiste.  

Le renforcement de la présence militaire de l’Alliance atlantique sur la façade sud-est de l’Europe « est une réaction purement défensive au comportement de plus en plus agressif de la Russie » dans la région, a affirmé Bucarest. Et ce « malgré les tentatives de l’OTAN d’engager un dialogue constructif ».

CARTE SITE PÉDAGOGIQUE TOUTE L'EUROPE

Cette carte montre en bleu les pays membres à la fois de l'Union européenne et et de l'OTAN.

La veille, la Roumanie avait salué l’annonce par Emmanuel Macron que la France était disposée à engager des militaires dans le pays dans le cadre d’une éventuelle augmentation de la présence de l’OTAN.

Sont stationnés en Roumanie environ un millier de soldats américains, 140 militaires italiens et 250 polonais, tandis que la Bulgarie a un accord avec les États-Unis pour accueillir dans un camp d’entraînement 2500 soldats, avec un maximum de 5000 au moment des périodes de rotation du personnel.

« Il n’y a pas de contingents alliés ou d’équipements basés de manière permanente dans le pays », a précisé M. Radev.

La Russie a fait part de ses demandes le jour de pourparlers à Genève sur l’Ukraine entre son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov et le secrétaire d’État américain Antony Blinken, Washington accusant Moscou de préparer une invasion de ce pays ex-soviétique devenu pro-occidental et qui ambitionne de rejoindre l’OTAN.

Moscou réclame pour garantir sa sécurité qu’Américains et Européens signent des traités pour que l’OTAN renonce à tout élargissement et revienne sur l’architecture sécuritaire construite en Europe après la fin de la Guerre froide et la chute de l’URSS.