(Skien) Anders Behring Breivik, l’extrémiste de droite qui a tué 77 personnes lors du pire massacre qu’ait connu la Norvège en temps de paix, en 2011, a comparu mardi devant un tribunal pour une audience de libération conditionnelle.

Mis à jour le 18 janvier
David Keyton et Jan M. Olsen Associated Press

Le tribunal de district de Telemark doit décider si Breivik est toujours si dangereux que la société a besoin d’une protection supplémentaire contre lui. Il y a dix ans, le tueur norvégien a été condamné à 21 ans de prison pour les actes terroristes survenus sur l’île d’Utøya et dans le quartier gouvernemental d’Oslo. Sa peine peut être prolongée indéfiniment.

En vertu de la loi norvégienne, Brevik, 42 ans, pouvait demander une libération conditionnelle après avoir purgé les 10 premières années de sa peine.

Breivik, arborant une barbe de trois jours et un habit, est entré dans la salle d’audience avec un message sur la suprématie blanche épinglé sur son veston et a également brandi une pancarte portant le même message.

Il a fait des saluts nazis en entrant dans le tribunal et s’est présenté comme le chef d’un mouvement néonazi norvégien, suggérant qu’il utiliserait l’audience de libération conditionnelle comme une occasion de manifester ses opinions suprémacistes blanches plutôt que de tenter sérieusement une libération anticipée.

La procureure Hulda Karlsdottir a commencé l’audience en déclarant que les conditions d’emprisonnement de Breivik, qui a légalement changé son nom pour Fjotolf Hansen en 2017, n’auront aucune influence sur la question de sa libération conditionnelle.

« Le sujet principal ici est le danger associé à sa libération », a-t-elle déclaré au tribunal.

Les familles des victimes et des survivants craignaient que Brevik se donne une plateforme qui puisse inspirer des idéologues partageant les mêmes idées et fasse valoir ses opinions extrêmes lors de l’audience, qui, selon les experts, ne lui permettra probablement pas d’obtenir une libération anticipée.

« La seule chose dont j’ai peur, c’est s’il a la possibilité de parler librement et de transmettre ses opinions extrêmes à des personnes qui ont le même état d’esprit », a déclaré Lisbeth Kristine Røyneland, qui dirige un groupe de soutien aux familles et aux survivants, avant l’audience.

Elle a évoqué le cas du tireur norvégien Philip Manshaus qui, inspiré par les attentats terroristes de 2019 en Nouvelle-Zélande, a assassiné sa demi-sœur et tenté de prendre d’assaut une mosquée.

Le 22 juillet 2011, après des mois de préparatifs méticuleux, Breivik a fait exploser une voiture piégée devant le siège du gouvernement à Oslo, tuant huit personnes et en blessant des dizaines d’autres. Il s’est ensuite rendu sur l’île d’Utøya, où il a ouvert le feu sur le camp d’été annuel de l’aile jeunesse du Parti travailliste de gauche. Soixante-neuf personnes y ont été tuées, pour la plupart des adolescents, avant que Breivik ne se rende à la police.

Le tribunal qui l’a condamné en 2012 l’a jugé pénalement sain d’esprit, rejetant l’opinion de l’accusation selon laquelle il était en crise psychotique. Breivik n’a pas fait appel de sa condamnation.

Au cours de son procès en 2012, il est entré quotidiennement dans la salle d’audience en saluant le poing fermé et en disant aux parents en deuil qu’il aurait aimé avoir tué plus de gens. Il a tenté de créer un parti fasciste en prison et a contacté par courrier des extrémistes de droite en Europe et aux États-Unis. Les responsables de la prison ont saisi bon nombre de ces lettres, craignant que Breivik n’en inspire d’autres à commettre de violentes attaques.

Il n’a montré aucun remords et les experts disent qu’il est peu probable que l’audience lui délivre une libération anticipée.

Une décision est attendue plus tard ce mois-ci.