(Berlin) Un Allemand a été condamné à la prison à vie vendredi par un tribunal berlinois pour avoir tué, démembré et en partie mangé un homme de 43 ans rencontré sur l’internet.

Publié le 7 janvier
Agence France-Presse

Un enseignant de 42 ans — qui ne peut être identifié que par « Stefan R. », en vertu des lois allemandes — a été déclaré coupable de « meurtre » et « d’atteinte à la paix des morts ». Devant la gravité des faits, sa condamnation a été assortie d’une mention rendant presque impossible toute libération anticipée.

Le président du tribunal, Matthias Schertz, a déclaré que Stefan R. avait commis ce crime « pour réaliser ses fantasmes cannibales », le qualifiant d’« inhumain ».

En trente ans de carrière, « rien de tel n’a jamais atterri sur mon bureau », a-t-il déclaré.

L’accusé est resté silencieux et sans expression lors de la lecture du verdict.

Le 6 septembre 2020, la victime était convenue d’une rencontre sexuelle avec l’accusé via une plateforme de rencontre.  

L’homme aurait ensuite pris un taxi pour se rendre à l’appartement du suspect situé à Berlin-Pankow, dans le nord de la capitale allemande.  

Stefan R. lui aurait alors administré un verre de GHB, la « drogue du violeur », ce qui lui aurait fait perdre conscience.  

L’accusé a ensuite égorgé sa victime et l’a laissée se vider de son sang, « parce que cela lui procurait une stimulation sexuelle », a affirmé le procureur Martin Glage dans ses réquisitions.

Une fois mort, il aurait dévoré une partie de ses membres.

L’enquête sur sa disparition était restée au point mort jusqu’à la découverte en novembre 2020 par des promeneurs d’ossements humains dans un parc du nord de Berlin.

L’enquête avait établi qu’il s’agissait des restes d’un homme porté disparu.  

C’est en analysant le téléphone de la victime que les enquêteurs étaient parvenus à identifier un chauffeur de taxi qui l’avait conduit au domicile de l’accusé.

La police avait alors retrouvé des traces de sang, d’autres parties du corps et plusieurs outils, notamment une scie à os.  

Il y avait « beaucoup de sang de la victime », selon M. Glage. Il n’y a pas d’indices d’un homicide consensuel : la victime « voulait s’en sortir vivante », a-t-il poursuivi.

Les enquêteurs ont ensuite révélé que l’accusé avait déjà fait des recherches « concrètes et détaillées » sur différents forums liés au cannibalisme.  

L’affaire rappelle le cas de Detlev Günzel, un ancien commissaire de police, reconnu coupable d’avoir tué et dépecé, manifestement à sa demande, un homme rencontré sur un site internet de fétichistes de l’anthropophagie. Aucune preuve n’a permis d’établir qu’il avait mangé sa victime.  

Un autre cas qui avait glacé l’Allemagne au début des années 2000 est celui d’Armin Meiwes, surnommé « le cannibale de Rotenbourg », condamné à la perpétuité en 2006 pour un homicide suivi d’anthropophagie, le tout filmé.