(Minsk) Un tribunal de la Biélorussie a condamné mercredi deux membres d’une organisation de défense des droits humains de premier plan à des peines de prison ferme pour leur soutien à des manifestations contre le président Alexandre Loukachenko l’an dernier.

Publié le 3 nov. 2021
Agence France-Presse

Léonid Soudalenko a été condamné à trois ans de prison et Tatiana Lassitsa à deux ans et demi d’emprisonnement à l’issue d’un procès à huis clos, a déclaré dans un communiqué l’ONG Viasna, dont les deux militants sont membres.

Ils ont été reconnus coupables notamment d’avoir « organisé et participé activement à des actes commis en groupe et portant atteinte de manière flagrante à l’ordre public », a précisé Viasna.

L’ONG Viasna, fondée par Ales Bialiatski, l’une des personnalités récompensées en 2020 par le prix Sakharov du Parlement européen, est un important acteur d’une société civile laminée par la répression en Biélorussie.

M. Soudalenko, qui a reçu en 2018 le prix des droits humains de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité », et Mme Lassitsa sont incarcérés depuis leur arrestation en janvier.

Ils étaient accusés d’avoir soutenu le mouvement de contestation qui a éclaté en Biélorussie l’an dernier après la réélection très contestée à un sixième mandat du président Loukachenko, allié du président russe Vladimir Poutine.

Le résultat controversé de ce scrutin avait entraîné des mois de manifestations massives dans cette ex-république soviétique.

Après son arrestation, M. Soudalenko avait expliqué que les autorités lui reprochaient notamment d’avoir payé des amendes infligées à des manifestants ou encore d’avoir organisé un séminaire sur la sécurité numérique.

Par ailleurs, les autorités ont annoncé mercredi avoir décrété que la chaîne de télévision d’opposition Belsat était une organisation « extrémiste », selon un message du ministère de l’Intérieur sur Telegram.  

En février, deux journalistes de cette chaîne, Daria Tchoultsova et Katerina Bakhvalova, avaient été condamnées à deux ans de prison, accusées d’avoir fomenté des troubles en couvrant le mouvement de contestation de 2020.

Le régime de M. Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a durement réprimé la contestation, en arrêtant ou contraignant à exil les principaux opposants, et en interdisant plusieurs médias et ONG.

Cette répression a suscité les critiques de l’Union européenne et des États-Unis qui ont adopté une série de sanctions pour punir le régime biélorusse, qui bénéficie de l’appui politico-militaire et financier de Moscou.