(Tbilissi) Environ 3000 partisans de l’ex-président incarcéré Mikheïl Saakachvili ont manifesté lundi en Géorgie pour exiger sa libération, après son arrestation à son retour d’exil la semaine dernière.

Agence France-Presse

Agitant les drapeaux aux couleurs rouge et blanc de ce pays du Caucase, la foule s’est réunie devant la prison où est détenu l’ancien dirigeant, dans la ville de Roustavi, à une quarantaine de kilomètres de la capitale Tbilissi.

« Saakachvili a reconstruit la Géorgie et il est en prison. Mais ceux qui ruinent le pays sont au pouvoir », a dit à l’AFP Natela Svanidzé, une infirmière de 51 ans. Les manifestants ont promis de poursuivre leur mobilisation dans les jours à venir.

Président de la Géorgie entre 2004 et 2013, Mikheïl Saakachvili, 53 ans, a été arrêté vendredi à son retour d’un exil de huit ans.

Il a été interpellé pour une condamnation par contumace en 2018 à six ans de prison pour « abus de pouvoir ». Il juge cette affaire politique et a annoncé une grève de la faim en détention.

Son interpellation s’inscrit dans le cadre de la crise politique qui secoue la Géorgie depuis les législatives d’octobre 2020, remportées de justesse par le parti au pouvoir du Rêve géorgien, fondé par le milliardaire Bidzina Ivanichvili, le grand rival de M. Saakachvili.

Les États-Unis ont exhorté lundi les autorités à « s’assurer que M. Saakachvili bénéficie d’un traitement équitable, conformément au droit géorgien et aux engagements internationaux de la Géorgie en matière de droits humains », selon le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a réclamé que l’ancien dirigeant géorgien puisse retourner en Ukraine, l’intéressé, qui a perdu sa nationalité géorgienne et possède un passeport ukrainien, occupant des fonctions officielles dans ce pays.

« Personne sur Terre n’est en mesure de nous convaincre de libérer Saakachvili », a rétorqué dimanche soir le premier ministre Irakli Garibachvili, du Rêve géorgien. « Saakachvili purgera toute sa peine, puis, bien sûr, il pourra retourner en Ukraine ».

Mais il a également estimé que Mikheïl Saakachvili pouvait aller au-devant de nouveaux ennuis judiciaires. « Il a intérêt à bien se tenir (en prison), sinon nous enclencherons de nouvelles poursuites », a averti M. Garibachvili.

L’ancien chef de l’État, une personnalité charismatique autant adulée que critiquée, est rentré vendredi secrètement en Géorgie, à la veille d’élections municipales.

Le scrutin a finalement été remporté par le parti au pouvoir avec 46,7 % des voix, contre 30,6 % au Mouvement national uni (MNU) de Mikheïl Saakachvili. Les divers partis d’opposition ont rassemblé ensemble 53 % des voix et dénoncé des fraudes massives.

Dans les principales villes, y compris à Tbilissi, des seconds tours auront lieu le 30 octobre entre des candidats du pouvoir et du MNU.