(Paris) Un « bal des migrants » organisé mardi à Paris pour le 14 Juillet suscite une polémique née de la participation, finalement annulée, d’un DJ ayant demandé lors d’une précédente soirée aux personnes blanches d’« aller derrière ».

Agence France-Presse

L’union syndicale Solidaires et les élus du parti Europe Écologie-Les verts (EELV) de Paris ont apporté lundi leur soutien au Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants (BAAM), l’association organisatrice de ce bal, victime selon les écologistes « d’une violente campagne de cyberharcèlement et de dénigrement » depuis vendredi, quand le député François Jolivet, du parti d’Emmanuel Macron, La République en marche (LREM), a dénoncé sur Twitter la participation du DJ.

Le plancher de danse, « un espace politique »

Dans une publication sur les réseaux sociaux liée à une précédente soirée, Fanaya — pour qui le plancher de danse est « un espace politique où les relations de pouvoir se reproduisent aussi » — imposait aux blancs d’« aller derrière » et aux autres, « surtout les personnes noires », d’« occuper la place et tout l’espace qui (leur) revient de droit ».

Durant mon set, les personnes noires et non blanches sont prioritaires.

Le DJ Fanaya

Face à la polémique suscitée par le député macroniste, qui a demandé à la maire PS de Paris Anne Hidalgo d’« interdire à cet artiste de se produire » au bal des migrants, et face aux « pressions et menaces reçues », le BAAM a annoncé dimanche que Fanaya se retirait de la programmation.

« Comme tous les ans, le bal des migrants se tiendra en mixité », a insisté l’association. « Toutefois, nous croyons dans la complémentarité des actions politiques et nous reconnaissons pleinement la pertinence de l’existence d’espaces en non-mixité », explique le BAAM en soutenant Fanaya.  

Les positions politiques sont non seulement légitimes, mais également essentielles pour permettre une réelle appropriation de l’espace par toutes les personnes racisées ».

Le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants

Des propos « totalement désapprouvés » samedi par Emmanuel Grégoire, le premier adjoint d’Anne Hidalgo, la mairesse socialiste de Paris et pour qui « un bal, c’est un mélange de bonheur, de convivialité, sans distinction aucune ».

Solidaires a accusé François Jolivet et Emmanuel Grégoire d’avoir « véhiculé une fake news » et dénoncé les « harcèlements et menaces initiés par LREM et largement récupérés par l’extrême droite ».

Le bal doit se tenir mardi soir sur la place de la Bataille de Stalingrad, à Paris. Une « folie », a estimé lundi le député Les Républicains Éric Ciotti en interpelant la ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa.