(Carbis Bay) Pour leur prermier sommet en personne depuis près de deux ans, les dirigeants des grandes puissances se sont retrouvés vendredi autour de la reine Élisabeth II, avant de s’attaquer en détails aux discussions sur la reprise post-pandémie et les défis posés par la Russie et la Chine.

Laurence BENHAMOU avec Martine PAUWELS à Falmouth Agence France-Presse

La rencontre qui se tient jusqu’à dimanche à Carbis Bay, dans le sud-ouest de l’Angleterre, doit être surtout être consacrée au partage des vaccins et l’urgence climatique, ainsi qu’à montrer un front uni entre alliés à la faveur du premier déplacement à l’étranger de Joe Biden, après les tumultueuses années Trump.

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Joe Biden et son épouse Jill ont été accueillis par Boris Johnson et son épouse Carrie pour le lancement du Sommet du G7.

Le premier jour a surtout donné l’occasion aux dirigeants des membres du G7 (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Canada, Japon et États-Unis) d’afficher leur plaisir de se retrouver après des mois de visioconférences dues à la situation sanitaire. Ils ont d’abord posé ensemble pour une photo de famille devant la plage de sable fin des Cornouailles, avant une première table ronde.

Ils ont ensuite été reçus par la famille royale, autour d’Élisabeth II avec ses héritiers Charles et William et leurs épouses, sous les serres d’« Eden Project », un jardin vitrine de la biodiversité. Après une réception, la souveraine de 95 ans, qui a perdu début avril son époux Philip, a participé sac sous le bras à une nouvelle photo de groupe.

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Le président américain Joe Biden devant la reine Élizabeth aux côtés du président français Emmanuel Macron.

« Sommes-nous supposés faire comme si nous prenions du bon temps ? » a lancé avec ironie la reine, qui reçoit Joe Biden dimanche au château de Windsor.

Après avoir accueilli plus tôt ses homologues d’un salut par le coude, le premier ministre britannique Boris Johnson avait insisté sur l’importance de ce sommet qui doit permettre de « tirer les leçons de la pandémie » et « reconstruire en mieux », de manière « plus verte » et « plus juste ».

Vaccins plus rapides

Au programme officiel du sommet figurent surtout la pandémie et la reprise d’une économie mondiale en berne.

Les dirigeants vont signer samedi la « déclaration de Carbis Bay », présentée par Downing Street comme « historique », une série d’engagements pour empêcher toute nouvelle pandémie, comme des délais raccourcis pour développer des vaccins.

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Ils doivent s’engager à un partage plus équitable des vaccins anti-COVID-19 par les pays riches, qui ont accaparé un maximum de doses au détriment des plus pauvres.  

Face à la multiplication des appels à la solidarité, les dirigeants doivent promettre un milliard de doses pour éradiquer la pandémie en 2022, dont 500 millions des États-Unis et 100 millions venant des Britanniques.

C’est « trop lent », a déploré le Britannique David Nabarro, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sur Times Radio, faisant écho aux critiques exprimées par des ONG. Ces dernières réclament des actions plus fortes, comme la levée des brevets sur les vaccins pour permettre une production de masse.  

« Il est dans l’intérêt de tout le monde d’être vacciné, le plus tôt sera le mieux », a abondé Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, estimant que les vaccins doivent être considérés comme un « bien public mondial » et plaidant pour des capacités de production accrues.  

Dans un entretien à l’AFP, la directrice de l’Agence européenne du médicament (EMA) Emer Cooke a appelé à ce que « le monde entier » ait accès aux vaccins.

Urgence climatique

Autre priorité, l’urgence climatique avant la grande conférence de l’ONU sur le climat (COP26) prévue en novembre en Écosse.

Boris Johnson ambitionne une « révolution industrielle verte », avec en point de mire l’objectif de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Pour préserver la biodiversité, il souhaite que le G7 s’engage à protéger « au moins 30 % » des terres et océans à cette échéance.  

Le club de sept devrait également favoriser les investissements dans les infrastructures vertes dans les pays en développement pour stimuler et décarboner leur économie.  

Malgré l’unité affichée, les dirigeants européens comptent bien rappeler à Boris Johnson leur attachement aux accords signés dans le cadre du Brexit sur l’Irlande du Nord, que Londres veut remettre en cause face à la colère dans la province britannique, lors d’un tête-à-tête samedi.

Un porte-parole de Boris Johnson a souligné que le dirigeant ne cherchait pas nécessairement à déboucher sur une solution lors du G7 mais qu’il leur rappellerait les « défis » posés par le protocole nord-irlandais.