(Porto) Les critiques des leaders de l’Union européenne (UE) à l’endroit des États-Unis et de ceux qui appellent à la levée des brevets sur les vaccins contre la COVID-19 s’intensifient alors que ceux-ci sont réunis à un sommet de deux jours au Portugal.

Raf Casert et Barry Hatton The Associated Press

Des leaders de l’UE estiment que la levée des brevets n’apporterait qu’une solution à court et moyen terme au problème d’approvisionnement dans le monde.

Ils pressent plutôt Washington à lever les restrictions sur les exportations de vaccins s’il souhaite vraiment contribuer à freiner la pandémie.

« Nous ne croyons pas que c’est la solution magique à court terme », a déclaré le président du Conseil européen Charles Michel au deuxième jour du Sommet social de Porto.

« Nous encourageons tous nos partenaires à faciliter l’exportation des doses de vaccins », a-t-il ajouté.

Le président de la France, Emmanuel Macron, y voit aussi « un faux débat ».

L’urgence c’est de produire plus [de vaccins] et d’avoir plus de solidarité maintenant.

Emmanuel Macron, président français

Les États-Unis ont resserré les critères d’exportations sur les vaccins produits dans leur pays afin d’inoculer sa population d’abord et avant tout.

L’Union européenne est ainsi devenue le fournisseur mondial de ces vaccins, en exportant des doses au-delà des 27 pays membres de l’UE qui comptent déjà à eux seuls 446 millions d’habitants.

L’UE a conservé quelque 200 millions de doses pour ses populations et en a exporté un nombre équivalent à 90 pays, dont le Canada.

« Vous devez ouvrir votre marché », a donc martelé le président Macron qui a déploré que tant les États-Unis que le Royaume-Uni aient conservé « 100 % des doses produites, pour leur marché intérieur ».

Emmanuel Macron et d’autres leaders de l’UE, insistent pour que la production mondiale de vaccins soit non seulement augmentée, mais aussi plus accessible aux pays les plus pauvres.

Le président français croit même que la discussion sur la levée des brevets ne sera pertinente que lorsque les pays les plus développés auront augmenté leurs dons de vaccins envers les pays les plus pauvres de sorte à avoir un réel impact dans la lutte à la pandémie.