(Bruxelles) Les pays de l’OTAN ont dénoncé jeudi les « actions déstabilisatrices » de la Russie dans certains pays de l’Alliance, mais n’ont pas annoncé de mesures concrètes en soutien à la République tchèque qui a appelé à une « action collective » avec l’expulsion de diplomates russes.

Agence France-Presse

« Les Alliés expriment leur vive préoccupation concernant les actions déstabilisatrices que la Russie continue de mener dans l’ensemble de la zone euro-atlantique, et notamment sur le territoire de l’Alliance, ainsi que leur pleine solidarité à l’égard de la République tchèque », a annoncé l’OTAN dans un communiqué publié après une réunion avec le chef de la diplomatie tchèque Jan Hamacek.

Explosion mortelle

La République tchèque accuse la Russie d’avoir orchestré une explosion mortelle sur son territoire en 2014 et a expulsé 18  fonctionnaires russes, membres des services de renseignement de leur pays.

Moscou a riposté en expulsant 20 diplomates tchèques. Prague a menacé mercredi d’expulser davantage de diplomates russes si la Russie refuse d’autoriser le retour de ses diplomates jeudi à midi (6 h HAE). Après l’échéance de cet ultimatum, le ministre Kulhanek a déclaré que la Russie aurait jusqu’à la fin du mois de mai pour réduire le nombre d’employés à l’ambassade de Russie afin de ramener les effectifs des deux ambassades à égalité, ce qui implique le départ de nombreux autres diplomates et employés russes.

La représentation tchèque à Moscou compte désormais seulement cinq diplomates et 19 autres membres auxiliaires, alors que Moscou compte actuellement 27 diplomates et 67 autres membres du personnel à son ambassade à Prague.

PHOTO POLICE MÉTROPOLITAINE DE LONDRES, VIA ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Les auteurs présumés de l’explosion de 2014 ont été identifiés comme étant les deux agents russes soupçonnés par Londres dans l’empoisonnement de l’ancien agent double russe Sergeï Skripal en 2018 à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre : Alexander Petrov (à gauche) et Ruslan Boshirov.

Le chef de la diplomatie tchèque avait appelé mardi les pays de l’Union européenne et de l’OTAN à « une action collective » avec l’expulsion de diplomates russes en signe de solidarité avec Prague. 21 des 30 pays de l’OTAN sont membres de l’UE.

« La décision d’expulser des diplomates est une décision nationale, individuelle », a rappelé jeudi le porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Les pays de l’UE sont « pleinement solidaires » avec la République Tchèque et étudient « les actions appropriées » en fonction de l’évolution de la situation, a ajouté Peter Stano.

Le ministre tchèque Jan Hamacek s’est exprimé devant le Conseil de l’Atlantique Nord, qui réunit les ambassadeurs des pays de l’OTAN, a indiqué l’OTAN.

Il a informé les alliés sur les activités menées par des agents russes sur le territoire de la République tchèque, qui ont entraîné l’explosion, en 2014, d’un dépôt de munitions à Vrbetice (est du pays) qui a fait deux morts et causé d’importants dégâts matériels.

Il leur a précisé que la République Tchèque « envisage d’autres mesures substantielles », a ajouté l’OTAN.

Les mêmes espions qui ont empoisonné Skripal

Les auteurs présumés de l’explosion de 2014 ont été identifiés comme étant les deux agents russes soupçonnés par Londres dans l’empoisonnement de l’ancien agent double russe Sergeï Skripal en 2018 à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre.

Cet assassinat perpétré sur le territoire britannique avait provoqué une grave crise diplomatique. Les pays occidentaux ont expulsé quelque 150 diplomates russes, et Moscou a expulsé à son tour 150 diplomates occidentaux.