(Oslo) La Norvège, pays de tradition antinucléaire, s’est dite jeudi « préoccupée » par la décision du Royaume-Uni, son allié au sein de l’OTAN, de relever le plafond de son arsenal nucléaire.

Agence France-Presse

Mettant fin à un désarmement progressif en œuvre depuis la dislocation de l’URSS il y a trente ans, le Royaume-Uni a annoncé le 16 mars qu’il allait porter de 180 à 260, soit une hausse d’environ 45 %, le plafond maximum de son stock d’ogives nucléaires.

Critiquée par la Russie et par l’Iran, la décision, justifiée par une « gamme croissante de menaces technologiques et doctrinales », n’a pas fait de vagues parmi les alliés de Londres.

PHOTO MARINE BRITANNIQUE

Un sous-marin britannique lanceur de missiles balistiques nucléaires au départ d'une mission de patrouille.

S’exprimant devant le Parlement, la cheffe de la diplomatie norvégienne a toutefois apporté une voix quelque peu dissonante.

« La Norvège observe avec inquiétude que des pays comme la Russie et la Chine ont contribué à une pression accrue pour un réarmement. Nous interprétons la revue stratégique par le Royaume-Uni de sa sécurité et sa défense comme une réponse à cela », a dit Ine Eriksen Søreide en réponse à une question d’un député d’opposition.

« Ce n’est pas un développement souhaitable. La Norvège œuvre pour réduire, et non pas augmenter, le nombre d’armes nucléaires dans le monde. Nous sommes préoccupés par la décision du Royaume-Uni d’augmenter le plafond d’ogives nucléaires », a-t-elle ajouté, disant avoir signifié « clairement » ce point de vue à son allié britannique.

Le Royaume-Uni, qui vient de sortir de l’UE, et la Norvège, qui s’est toujours refusé à y entrer, entretiennent des relations diplomatiques, commerciales et militaires très étroites.

Mme Eriksen Søreide a d’ailleurs souligné que le Royaume-Uni avait aussi réaffirmé son attachement au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.