(Sofia) L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a proposé mercredi 10 solutions pour améliorer la liberté de la presse en Bulgarie, lanterne rouge européenne, appelant les électeurs et la classe politique à en faire un enjeu des législatives du 4 avril.  

Agence France-Presse

« Les médias indépendants étant au bord de la disparition, RSF soumet au débat politique et à la société bulgare un plan de sortie », a écrit le responsable du bureau UE/Balkans, Pavol Szalai, dans un communiqué.

Violence envers les journalistes

Au sein de l’Union européenne, la Bulgarie est le pays où les journalistes ont le plus de mal à travailler selon l’organisation, qui publie chaque année un classement mondial de la liberté de la presse.  

Depuis son adhésion en 2007, le pays a dégringolé de la 35e place à la 111e, RSF dénonçant de nombreux cas de violence envers les reporters ainsi qu’une léthargie des autorités face à ces « abus ».

L’ONG appelle à un sursaut pour renforcer la sécurité des journalistes, les protéger du harcèlement judiciaire, rendre plus transparente la distribution des fonds publics, faciliter leur accès à l’information, promouvoir pluralisme et déontologie.

RSF cite les exemples récents du commanditaire d’une agression qui n’a pas été traduit en justice, ou encore du refus des autorités d’enquêter sur l’interpellation violente d’un journaliste. De même, un professionnel menacé de mort n’a pas reçu de protection rapide.  

Le premier ministre sortant Boïko Borissov, candidat aux élections, avait promis en 2019 à RSF de mettre en place une feuille de route pour inverser la tendance, mais elle est restée lettre morte, selon l’organisation basée à Paris.

« Ces élections législatives sont l’occasion pour les forces politiques et tout électeur soucieux de la liberté et de la qualité des médias d’agir », a souligné M. Szalai, alors que le Parlement européen débattait mercredi sur la dégradation de l’état de la presse en Europe centrale et orientale.