(Berlin) Les évêques catholiques allemands ont désigné mardi la théologienne Beate Gilles comme secrétaire générale de la conférence épiscopale, première femme à ce poste-clef et « signal fort » de modernisation d’une église en pleine crise.

Agence France-Presse

Âgée de 50 ans, elle entrera en fonction le 1er juillet, en remplacement du père Hans Langendörfer qui est parti à la retraite après 24 ans à ce poste central.

Coordination et gestion des finances

Il s’agit d’assurer la liaison entre les différents services de l’Église catholique romaine, l’exécution des décisions de l’assemblée des évêques, et de gérer aussi ses finances.

Georg Bätzing, le président de la conférence épiscopale, a qualifié sa nomination de « signal fort montrant que les évêques acceptent de promouvoir les femmes à des positions de direction », lors d’un point presse.

Il y a un an, la question a été posée de savoir si une femme pouvait occuper cette position, a commenté Mme Gilles. « Aujourd’hui on sait que c’est possible », a plaisanté cette laïque, responsable des jeunes et des familles au sein de l’évêché de Limburg.

L’assemblée des 68 évêques catholiques allemands, qui se tient jusqu’à jeudi via vidéoconférence en raison de la pandémie, se déroule dans un climat tendu, après le refus du cardinal de Cologne Rainer Maria Woelki de publier un rapport sur des abus sexuels dans son diocèse, le plus grand d’Allemagne.

Climat tendu

L’affaire « affecte toute l’Église catholique », a estimé Georg Bätzing à ce sujet.  

Il a dit aussi partager « les inquiétudes » suscitées par la décision de Mgr Woelki et lui avoir proposé, en vain, de rendre ce rapport public. La conférence des évêques « n’a pas de souveraineté » sur le cardinal, a-t-il insisté.

Mgr Woelki, un conservateur, est sous le feu des critiques depuis des mois, car il a refusé de publier une étude indépendante concernant la responsabilité éventuelle de hauts dignitaires de son archevêché dans des abus sexuels sur mineurs entre 1975 et 2018, évoquant un problème de protection des données et des manquements de la part du cabinet juridique de Munich qui a mené l’étude.  

Sa décision a provoqué la colère des victimes et des départs en masse de fidèles.

L’éclésiastique a promis de publier un nouveau rapport indépendant, le 18 mars prochain, et n’a pas exclu de démissionner, s’il était prouvé qu’il avait commis une faute.