(Kiev) Les forces de l’ordre ukrainiennes ont fait atterrir un avion à Kiev lundi pour arrêter un ex-dirigeant de la première banque du pays, PrivatBank, dans une affaire de détournement de 5,5 milliards de dollars.

Publié le 22 févr. 2021
Agence France-Presse

« Soupçonné de détournement de fonds de PrivatBank », l’homme « tentait de s’envoler de l’Ukraine à Vienne à bord d’un avion privé » depuis la ville de Dnipro, a indiqué le parquet général dans un communiqué.  

« Grâce aux efforts des forces de l’ordre, son avion a atterri » à Kiev où le suspect a été arrêté, a ajouté le parquet. Il s’agit de la première arrestation parmi les anciens dirigeants de cette banque.

Selon des médias, il s’agit de Volodymyr Iatsenko, numéro deux de PrivatBank jusqu’à sa nationalisation en 2016.  

L’affaire de cette banque est suivie de près par les Occidentaux et notamment par le Fonds monétaire international, bailleur de fonds crucial pour cette ex-république soviétique, un des pays les plus pauvres de l’Europe.  

PrivatBank avait été nationalisée un dimanche soir de décembre 2016 pour éviter une faillite qui aurait eu un effet domino sur le secteur bancaire ukrainien.

Saluée par le FMI comme une « mesure importante » pour assurer la stabilité financière, cette décision est contestée en justice par le principal ex-propriétaire de PrivatBank, le sulfureux oligarque Igor Kolomoïsky.  

La banque centrale d’Ukraine a accusé M. Kolomoïsky d’avoir siphonné 5,5 milliards de dollars de PrivatBank avant sa nationalisation, mais jusqu’à présent aucune arrestation de ses ex-propriétaires ou anciens hauts responsables n’avait eu lieu.  

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, un ex-comédien, est arrivé au pouvoir en 2019 grâce au soutien de l’empire médiatique de Kolomoïsky, mais a depuis cherché à se distancier de l’oligarque controversé.  

Depuis son élection, M. Zelensky a été accusé de ne pas faire suffisamment pour poursuivre les responsables de détournement d’argent de PrivatBank.

Il s’est déclaré lundi « confiant » dans le déblocage cette année de l’aide du FMI pour son pays, malgré les désaccords existants.