(Londres) Le Royaume-Uni a enregistré 381 morts supplémentaires en une journée, un record marquant une accélération de la propagation de la pandémie et portant son bilan à 1789 morts dans le pays, ont indiqué mardi les autorités.

Agence France-Presse

Ce bilan du ministère de la Santé, arrêté à 17 h locales lundi, est plus de deux fois supérieur à celui publié 24 heures plus tôt (180 morts).

« L’augmentation du nombre de morts est profondément choquante », a souligné le bras droit du premier ministre Boris Johnson, Michael Gove, lors de la conférence de presse quotidienne du gouvernement.

Ce bilan ne compte cependant que les patients testés positifs morts à l’hôpital et pourrait donc sous-estimer le bilan réel.

Néanmoins plusieurs spécialistes soulignent que plus que les chiffres jour après jour, il convient d’observer les grandes tendances.

Selon les services sanitaires, les patients décédés sur la dernière période de 24 heures avaient entre 19 et 98 ans.

Le nombre de cas officiellement recensés de malades a atteint 25 150, soit une augmentation de plus de 3000.

Les deux semaines qui viennent vont être « critiques », a averti Steven Powis, directeur médical du NHS, le service public de santé britannique, tout en observant des « signes précurseurs » d’une baisse du taux d’infection. « C’est le début d’une bataille », a-t-il déclaré, appelant le public à ne pas relâcher ses efforts.

L’épidémie de COVID-19 a déjà infecté le premier ministre Boris Johnson, actuellement en quarantaine, le ministre de la Santé Matt Hancock ou encore le prince Charles, l’héritier de la couronne, sorti lundi des sept jours réglementaires de strict isolement recommandés par les autorités britanniques.

Face à l’aggravation de ces derniers jours, le gouvernement, après avoir décrété un confinement général de la population entré en vigueur depuis une semaine a lancé un vaste plan d’action pour augmenter considérablement le nombre de lits disponibles pour faire face à la vague de patients.

Plusieurs hôpitaux de campagne sont en cours d’installation, dont un devant abriter jusqu’à 4000 lits dans un centre de conférence de Londres qui doit ouvrir dans les tout prochains jours.

Vu le manque de personnel pour faire face à l’épidémie, dont certains absents, car infectés ou à risque, le service national de santé (NHS) a fait appel aux retraités.

Le ministère de l’Intérieur a en outre annoncé la prolongation automatique des visas de 2800 employés étrangers du NHS.

Selon le Royal College of Physicians, un quart des médecins du NHS est hors circuit, malade ou à l’isolement.

Le gouvernement a également commandé en catastrophe respirateurs et tenues de protection aux industriels.

Sous le feu des critiques, il tente également d’augmenter le nombre de tests réalisés, actuellement très inférieur aux besoins, en priorité pour le personnel médical.