(Berlin) Les membres du groupuscule d’extrême droite arrêtés vendredi en Allemagne dans le cadre d’une vaste enquête antiterroriste prévoyaient des attaques de grande ampleur contre des mosquées sur le modèle de Christchurch, ont révélé dimanche soir des médias allemands.  

Agence France-Presse

Selon le magazine Der Spiegel et le quotidien Bild, le groupe, dont 12 membres ont été mis en détention samedi après des perquisitions dans toute l’Allemagne vendredi, voulait frapper des lieux de culte musulmans pendant la prière.

Ils comptaient imiter l’attentat de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui a causé la mort de 51 personnes dans deux mosquées l’an dernier. Ils entendaient utiliser des armes semi-automatiques notamment.

PHOTO ANTHONY WALLACE, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Un attentat dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a fait 51 morts en mars 2019.

Le chef présumé du groupe, connu et surveillé depuis plusieurs mois par les autorités, avait détaillé ses plans lors d’une réunion organisée avec ses complices la semaine dernière. Les enquêteurs en ont eu connaissance grâce à un informateur infiltré dans le groupe, affirment les deux journaux.

Les enquêteurs ont retrouvé, lors des perquisitions menées dans 13 lieux répartis sur cinq États régionaux, des « couteaux », « arbalètes », des « grenades », mais aussi un « fusil de chasse » et un « pistolet ».  

Interpelés vendredi, les 12 extrémistes de droite ont été mis en détention samedi.  

Quatre d’entre eux sont soupçonnés d’avoir formé « une association d’extrême droite à caractère terroriste » tandis que les huit autres sont soupçonnés de leur avoir fourni un soutien « financier » ou « une aide pour se procurer des armes », selon le parquet.  

Parmi les suspects, tous de nationalité allemande, figure un policier de Rhénanie du Nord-Westphalie qui a été suspendu.

Selon Bild, son but était de « lancer une guerre civile » dans le pays.

Les autorités allemandes s’inquiètent d’un terrorisme d’extrême droite depuis notamment le meurtre d’un élu allemand promigrants, membre du parti de la chancelière Angela Merkel, en juin dernier.  

En octobre, un extrémiste de droite négationniste a tenté de commettre un attentat dans une synagogue de Halle, un massacre n’étant évité que de justesse. Faute de pouvoir pénétrer dans l’édifice religieux dans lequel les fidèles s’étaient barricadés, il avait abattu une passante et le client d’un restaurant de sandwichs kébabs, diffusant en direct sur l’internet ses forfaits.

Son procès est attendu prochainement.

À Dresde, dans l’ex-RDA, huit néonazis sont également jugés depuis près de cinq mois pour avoir planifié des attentats contre des étrangers et des responsables politiques.