(Lille) Des cortèges rassemblant plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi dans toute la France contre la proposition de loi Sécurité globale qu’elles jugent liberticide, mais aussi plus généralement contre la politique du gouvernement, la mobilisation semblant donner des signes d’essoufflement.

Agence France-Presse

À Paris, quelques centaines de manifestants se sont rassemblés devant le Conseil d’État à l’appel des « gilets jaunes », encadrés par des forces de l’ordre présentes en masse, avant de prendre la direction du Pont des Arts.

Ils souhaitaient organiser une « marche des pouvoirs » passant par le Sénat, Matignon et l’Assemblée nationale, mais leur parcours a été retoqué par la préfecture « en raison de risques de troubles publics » dans un secteur regroupant de nombreux commerces.

De nombreux manifestants arboraient un parapluie multicolore, en hommage à « Moun », une quinquagénaire « gilet jaune » interpellée samedi dernier dans la manifestation parisienne et mise en examen mardi. Elle est soupçonnée de déclencher avec son parapluie arc-en-ciel les violences attribuées au « black-bloc », ce qu’elle conteste.

« On est scandalisés de voir des camarades pacifistes qui se sont pris des gardes à vue avec des motifs bidons sous prétexte qu’ils étaient au mauvais endroit », a déploré « Joul », un activiste musicien. « On nous fait des procès staliniens, mais on ne veut pas terminer dans un pays où il n’y a plus de droits ! », a-t-il lancé, déguisé en lapin ensanglanté sous son gilet jaune.

À Lille, les opposants à la loi Sécurité globale se sont joints aux les membres du collectif Sélom et Matisse, du nom de deux jeunes gens morts happés par un train. Ce collectif avait appelé à manifester tout en noir, trois ans après les faits, pour demander une reconstitution afin d’éclaircir le rôle de la police dans le drame. Les manifestants étaient environ 500 selon la préfecture, qui déplore des dégradations sur un abribus et feux de poubelles.

Aux cris de « tout le monde veut filmer la police » ou « retrait total de la loi “ Sécurité globale ” », ce sont également quelque 500 personnes, selon les organisateurs, qui ont défilé à Strasbourg, là encore sans incidents.  

Parmi les pancartes, on pouvait lire « contre la loi raciste, coloniale, islamophobe » ou « nos vies valent “ que leurs profits » tandis qu’une autre, sur fond de drapeau bleu, blanc, rouge, appelait à « désobéir à une loi injuste ».

À Bordeaux, environ 200 personnes, dont une figure du mouvement des « gilets jaunes », Jérôme Rodrigues, ont manifesté contre les « lois liberticides » et « Macron et son monde ».  

La manifestation s’est déroulée sans incident, selon la police, les manifestants respectant le parcours qu’ils avaient déclaré sans tenter de pénétrer dans le périmètre d’interdiction de manifester défini par arrêté préfectoral.

À Brest, les manifestants étaient 500, selon la police, 700, selon les organisateurs. Vers la fin de la manifestation, le cortège s’est scindé en deux. Une partie est allée rendre hommage à Édouard Mazé, victime historique de violences policières à Brest. L’autre moitié s’est dirigée vers le commissariat où les attendaient des unités de police. Quelques bombes lacrymogènes ont été lancées et deux jeunes interpellés.

Les protestataires étaient 300 à Rennes, 120 à Saint-Nazaire, 110 à Reims. À Nantes, selon la préfecture, « il n’y a pas eu de cortège proprement dit ». En effet, « la manifestation étant interdite, les forces de l’ordre ont cassé en petits groupes » les personnes arrivant au rassemblement.

Samedi dernier,  des milliers de personnes avaient défilé sous très forte présence policière dans toute la France pour dénoncer la proposition de loi Sécurité globale, mais aussi le projet de loi du gouvernement sur le séparatisme.