(Londres) Près des trois quarts des pubs et restaurants britanniques s’attendent à mettre la clé sous la porte l’an prochain à cause des restrictions à leur activité entraînées par les mesures de lutte contre le nouveau coronavirus, selon une enquête sectorielle.

Agence France-Presse

D’après les organisations British Beer and Pub Association, UK Hospitality et British Institute of Innkeeping, 72 % des entreprises sondées s’attendent à « ne plus être viables et à fermer en 2021 ».

L’enquête, menée pour le compte de ces organismes par le cabinet d’études CGA auprès de 446 sociétés qui représentent 20 000 établissements, montre aussi que les entreprises du secteur veulent que le gouvernement leur apporte plus de soutien pour traverser la crise économique massive déclenchée par la COVID-19.

Aux côtés des transports ou du secteur pétrolier, les restaurants, bars, hôtels et salles de spectacle font partie des secteurs les plus durement frappés par la pandémie. Après le confinement qui les a forcés à fermer leurs portes de fin mars à début juillet, ils sont de nouveau tenus en Angleterre et dans plusieurs régions d’Écosse de cesser leur activité.

Dans leur communiqué, les trois organisations dénoncent « l’impact dévastateur et à long terme des restrictions gouvernementales sur » le secteur.

« Sans changement d’approche et plus de soutien du gouvernement, une grande partie du secteur pourrait avoir disparu d’ici un an. Ce qui veut dire des entreprises et des emplois perdus sans parler de lieux bien-aimés, fermés pour toujours », insiste le communiqué.

Le Royaume-Uni est le pays européen le plus touché par la pandémie avec environ 52 000 morts.

Outre la fermeture des restaurants et bars en Angleterre, les salles de sport, boutiques et commerces jugés non essentiels sont également tenus de garder portes closes jusqu’au 2 décembre au moins, à l’approche de la période des fêtes de Noël, cruciale pour le petit commerce.

Pour aider les entreprises à traverser cette crise économique sans précédent dans l’histoire moderne, le Trésor britannique a injecté 200 milliards de livres d’aides à travers des prêts, versements aux entreprises et travailleurs indépendants, ou d’indemnisation de chômage partiel.

Le cabinet KPMG indiquait dans une étude mercredi prévoir une contraction record du PIB britannique de 11,2 % cette année à cause de la pandémie, avec une reprise de 4,4 % en cas de Brexit sans accord, ou à 7,2 % si le Royaume-Uni parvient à signer un accord commercial a minima avec l’Union européenne de dernière minute.  

Dans une autre étude publiée jeudi, l’Office national des statistiques constate qu’une entreprise sur 7 au Royaume-Uni pourrait ne pas survivre aux trois prochains mois en raison du reconfinement de l’Angleterre.