(Londres) Les premiers ministres britannique et irlandais ont félicité mardi de vive voix le président américain élu Joe Biden, qui a souligné auprès de chacun d’eux l’importance de mettre en œuvre le Brexit dans le respect de l’accord du Vendredi saint.

Agence France-Presse

La préservation de cet accord, conclu en 1998 et qui a mis fin à trois décennies de violences en Irlande du Nord entre républicains essentiellement catholiques et loyalistes, surtout protestants, est un sujet des préoccupation chez les Européens, particulièrement les Irlandais, alors que Londres et Bruxelles tentent de s’accorder sur leur relation post-Brexit.

« Je viens de parler à @JoeBiden pour le féliciter pour son élection », a tweeté le chef du gouvernement conservateur britannique Boris Johnson, proche du président sortant Donald Trump.

« Je suis impatient de renforcer le partenariat entre nos pays et de travailler avec lui sur nos priorités communes, de la lutte contre le changement climatique à la promotion de la démocratie et la reconstruction après la pandémie », a-t-il ajouté.

M. Johnson a invité le président américain élu à la grande conférence de l’ONU sur le climat, la COP26, qui doit se tenir à Glasgow l’année prochaine et les deux hommes ont dit leur hâte « de se voir en personne, notamment lorsque le Royaume-Uni accueillera le sommet du G7 en 2021 », selon Downing Street.

Boris Johnson, qui n’a pas bonne presse dans l’entourage du futur président des États-Unis, compte sur son engagement sur le climat pour sauver la « relation spéciale » entre les deux pays.

Selon ses services, Joe Biden — qui s’est également entretenu avec le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel — a réaffirmé auprès des chefs de gouvernements irlandais et britannique son soutien à l’accord du Vendredi saint.

Si le premier ministre irlandais a évoqué le sujet dans le compte rendu de son entretien avec M. Biden, Boris Johnson s’est quant à lui gardé de le faire.

Ce n’est que dans la soirée qu’une source à Downing Street a expliqué que les deux hommes avaient évoqué « l’importance de mettre en œuvre le Brexit d’une manière qui préserve l’accord du Vendredi saint ». « Le premier ministre a assuré au président élu que ce serait le cas », selon cette source.

Opposé au Brexit, Joe Biden, fier de ses racines irlandaises, avait critiqué l’introduction d’un projet de loi controversé qui vise à permettre au gouvernement Johnson de s’affranchir de certains de ses engagements conclus il y a un an avec l’Union européenne dans le traité encadrant le départ du Royaume-Uni de l’UE, intervenu officiellement le 31 janvier.

Revenant partiellement sur certaines dispositions concernant l’Irlande du Nord, ce texte fait craindre aux démocrates un retour des tensions dans la province britannique, où les trois décennies des « Troubles » ont fait 3500 morts.

Joe Biden avait prévenu en septembre que le Royaume-Uni pouvait faire une croix sur tout accord commercial post-Brexit avec les États-Unis si l’Irlande du Nord devenait « une victime » de son divorce avec l’UE.

Alors que Boris Johnson se rapprochait d’une victoire éclatante aux élections législatives de décembre 2019, Joe Biden l’avait qualifié de « clone physique et émotionnel » de Donald Trump.  

Le dirigeant britannique se voit aussi reprocher ses commentaires au sujet de Barack Obama. En 2016, il avait affirmé que ce dernier, dont Biden était alors le vice-président, avait une aversion pour le Royaume-Uni en raison de ses origines « en partie kényanes ».

L’ancien conseiller de Barack Obama, Tommy Vietor, a sèchement tweeté récemment : « Nous n’oublierons jamais vos commentaires racistes sur Obama et votre dévotion servile à Trump ».