(Paris) Le président Emmanuel Macron a estimé mercredi qu’il fallait « aller vers plus de restrictions » dans les zones où la COVID-19 « circule trop vite », alors que la situation sanitaire continue de se dégrader dans certaines régions.

Agence France-Presse

Après Marseille et la Guadeloupe il y a dix jours, de nouvelles mesures de restriction sont entrées en vigueur mardi à Paris et dans la petite couronne, et le ministre de la Santé Olivier Véran fera le point sur la situation jeudi à 18 h, avec l’éventuel basculement de nouvelles villes en « alerte maximale ».

« Dans les endroits où ça circule trop vite, en particulier où ça circule beaucoup chez les personnes âgées, qui sont les plus vulnérables, et où on voit de plus en plus de lits occupés aux urgences, on doit aller vers plus de restrictions, comme celles qu’on a pu connaître par exemple dans les Bouches-du-Rhône ou dans Paris et la petite couronne », a fait valoir Emmanuel Macron lors d’un entretien sur TF1 et France 2.

Le chef de l’État a toutefois exclu une nouvelle limitation des déplacements : « la stratégie qu’on a retenue n’est pas celle-ci, elle est de responsabiliser nos citoyens : nous ne sommes pas, et nous ne serons pas pour plusieurs mois dans un temps normal », a-t-il expliqué.

Il y a une semaine, Olivier Véran avait pointé cinq métropoles, Lille, Lyon, Grenoble, Saint-Étienne et Toulouse, avec une évolution « très préoccupante », brandissant la menace d’un durcissement des mesures prises pour freiner l’avancée du virus.

18 746 nouveaux cas de contamination par le coronavirus ont été détectés au cours des dernières 24 heures, selon Santé publique France, un record depuis l’utilisation de tests à grande échelle.

Le taux de positivité des tests (proportion des personnes positives sur l’ensemble des personnes testées) continue sa progression, à 9,1 %, contre environ 4,5 % il y a un mois.

« Le virus circule plus vite depuis plusieurs semaines », a souligné Emmanuel Macron.

Le nombre de malades de la COVID-19 hospitalisés en réanimation a en revanche légèrement reculé mercredi, pour la première fois depuis fin août : 1406 patients sont actuellement en réa en raison de la COVID-19, soit 11 de moins que la veille, selon le bilan quotidien de l’agence sanitaire publié mercredi soir.

Au cours des dernières 24 heures, 143 nouveaux patients atteints de la forme la plus grave de la maladie ont dû être admis dans un service de réanimation.  

Au pic de l’épidémie, début avril, plus de 7000 malades étaient hospitalisés dans ces services, essentiellement ceux qui avaient besoin d’être placés sous respiration artificielle.  

Ce nombre a ensuite fortement chuté jusqu’à fin juillet, puis a évolué dans une fourchette comprise entre 350 et 400 patients jusqu’à fin août, avant de reprendre une augmentation constante.

La capacité nationale actuelle est d’environ 5000 de lits de réanimation.

Le nombre total de patients hospitalisés pour la COVID-19 continue lui d’augmenter, à 7514 contre 7377 mardi, dont 789 qui ont été admis dans les dernières 24 heures.

Les indicateurs hospitaliers sont importants pour suivre l’évolution de l’épidémie, puisque le principal enjeu est d’éviter que les hôpitaux, en particulier les services de réanimation, soient débordés par un afflux massif de patients.

En outre, 80 personnes sont mortes de la COVID-19 ces dernières 24 heures, portant le total de décès à l’hôpital ou en Ehpad depuis le début de l’épidémie à plus de 32 445.