(Saint-Pétersbourg) Le brise-glace nucléaire Arktika, présenté comme le plus puissant navire de ce type du monde et illustrant les ambitions russes pour l’Arctique, est sorti mardi en mer pour deux dernières semaines d’essais avant sa mise en service.

Agence France-Presse

Le bâtiment, qui a quitté le port de Saint-Pétersbourg, doit être opérationnel pour la « première fois dans les conditions extrêmes des glaces arctiques et devra y confirmer son statut de vaisseau amiral de la flotte arctique de la Russie », a annoncé le chantier naval Baltiïski Zavod où il a été construit.

PHOTO ROSATOMFLOT, VIA ASSOCIATED PRESS

Le brise-glace nucléaire russe Arktika a appareillé du port de Saint-Pétersbourg pour des essais en mer Baltique. Après, il rejoindra la flotte de brise-glaces russe à Mourmansk, dans l’Océan Arctique.

L’Arktika doit ensuite rejoindre son futur port d’attache, Mourmansk, au sein de Rosatomflot, la société chargée de la flotte de brise-glaces russes.

L’Arktika est destiné à escorter dans les glaces les navires de transport de gaz naturel liquéfié à partir de l’Arctique russe. Ce navire aux dimensions titanesques mesure 173 mètres de long pour 15 mètres de haut et a un déplacement de 33 540 tonnes.

Selon ses constructeurs, il peut passer à travers une épaisseur de 2,8 mètres de glace à sa vitesse de croisière. Deux autres navires similaires, l’Oural et le Sibir, sont en construction.  

Le bâtiment fait partie d’un projet plus global destiné à permettre la navigation tout au long de l’année à travers le passage du Nord-Ouest, qui relie l’océan Atlantique à l’océan Pacifique par l’Arctique. Il doit notamment simplifier pour la Russie la livraison d’hydrocarbures à l’Asie du Sud-Est.  

Le développement économique de l’Arctique, où s’opposent les intérêts de cinq pays, dont la Russie, le Canada et les États-Unis, a été qualifié de priorité par le président Vladimir Poutine.  

La Russie espère y devenir la première puissance économique et militaire tout en profitant du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, qui devrait ouvrir de nouvelles routes commerciales dans le Grand Nord.