(Moscou) Au moins une trentaine de personnes ont été interpellées samedi à Moscou lors d’une action d’opposition non autorisée devant le siège du FSB, les services de sécurité russes, selon un journaliste de l’AFP présent sur place.

Agence France-Presse

Les manifestants appelaient à la libération de militants d’extrême gauche condamnés en février à de très lourdes peines de prison pour « terrorisme ». Plusieurs d’entre-eux avaient affirmé lors de l’audience avoir été torturés par le FSB lors de leur détention.

Samedi, certains protestataires, jeunes pour la plupart, portaient des pancartes hostiles au FSB, héritier des services secrets soviétiques.

L’organisation russe OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations, a fait état en fin d’après-midi de 49 interpellations. Une jeune femme a eu la « jambe tordue » lors de son arrestation, précise l’ONG.

Lev Ponomarev, un respecté défenseur des droits de l’homme, actif depuis la fin des années 1980, fait partie des personnes arrêtées.  

Des images diffusées en direct le montraient expliquant à des policiers que les « piquets solitaires » n’étaient pas interdits en Russie, avant qu’il ne soit conduit vers un fourgon cellulaire.

La technique des « piquets solitaires » est souvent utilisée par les protestataires russes pour s’exprimer sans avoir à obtenir une autorisation des autorités. Ils peuvent le faire à condition de respecter une distance de 50 mètres entre chaque manifestant.

OVD-Info a rapporté que M. Ponomarev, 78 ans, avait été battu au poste de police par des agents masqués, et a publié une photo de lui présentant ce qui semble être une contusion sur son visage.

Certains manifestants ont critiqué la vaste réforme constitutionnelle en cours d’adoption, qui doit donner au président russe Vladimir Poutine le droit d’effectuer deux mandats supplémentaires.

« Nous assistons à une tentative de renverser le régime constitutionnel, de supprimer les limites aux mandats (présidentiels), la solidarité est plus importante que jamais », a déclaré à l’AFP, avant d’être arrêté, le militant de gauche radicale Sergueï Oudaltsov.  

Le président Poutine a signé samedi la réforme constitutionnelle qui doit encore être validée par la Cour constitutionnelle.

Le mois dernier, sept jeunes militants proches de l’extrême gauche ont été condamnés dans la ville de Penza à des peines allant de 6 à 18 ans de prison pour « participation à une entreprise terroriste ».

Ces accusations ont été dénoncées comme fabriquées par plusieurs ONG de défense des droits de l’homme tandis que des accusés ont rapporté des tortures aux électrochocs et des violences de la part du FSB.

Deux autres jeunes hommes, accusés dans la même affaire, sont en attente de jugement à Saint-Pétersbourg.