(Stockholm) La ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström, militante des droits humains et fervente féministe, a annoncé vendredi son départ du gouvernement pour se concentrer sur sa famille.

Agence France-Presse

«Le temps est venu pour moi de passer plus de temps avec mon mari, mes enfants et mes petits-enfants. J’ai informé le premier ministre de mon souhait de quitter le gouvernement et mon poste de ministre des Affaires étrangères», a écrit la ministre sociale-démocrate sur Twitter.

Margot Wallström, 64 ans, occupait le poste de cheffe de la diplomatie depuis 2014. Elle avait été reconduite à ce poste à l’issue des législatives de septembre 2018, qui ont vu la reconduction des sociaux-démocrates à la tête du gouvernement.

La ministre a toujours cultivé l’image d’une femme de convictions qui a gardé ses idéaux de gauche dans l’exercice du pouvoir.

Mme Wallström est issue d’une famille modeste du nord de la Suède. Elle est ensuite devenue employée de banque en région.

Son goût pour la politique l’a poussée à s’engager dans les années 1970 au sein du Parti social-démocrate, dirigé par le charismatique et virulent Olof Palme auquel on la compare quelquefois.

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Olof Palme en 1957.

Son style percutant lui fait gravir les marches du parti, la conduisant au Parlement à seulement 25 ans, puis au ministère de la Fonction publique à 32 ans. Elle détiendra les portefeuilles des Affaires sociales puis de la Culture, avant de rejoindre Bruxelles en 1999.

Commissaire à l’Environnement puis vice-présidente de la Commission européenne, elle se distingue par son combat pour la promotion des femmes dans les instances communautaires.

Remarquée par l’ex-secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, elle devient en 2010 l’envoyée spéciale des Nations unies pour les violences faites aux femmes et aux enfants dans les conflits.

Partisane d’une «diplomatie féministe», elle s’est fait un nom en multipliant les prises de position très tranchées en faveur des droits humains, qui lui ont valu notamment l’inimitié de l’Arabie saoudite et d’Israël.

La sociale-démocrate paraît imperturbable, elle qu’Israël a déclarée persona non grata parce qu’elle avait demandé des enquêtes «approfondies» début 2016 sur les circonstances de la mort de Palestiniens tués par les forces israéliennes.

L’autre crise s’est nouée avec l’Arabie saoudite en 2015, autour du sort du blogueur Raïf Badawi, dont la femme réside au Québec. Avec constance, Mme Wallström a qualifié de «peine moyenâgeuse» les 1000 coups de fouet auxquels est condamné ce militant de la liberté d’expression.