(Londres) Deux parlementaires allemandes et une espagnole ont manifesté lundi devant la prison de Londres où est emprisonné Julian Assange, appelant le Royaume-Uni et l’Union européenne à empêcher l’extradition du fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis.

Agence France-Presse

Les députées Heike Hansel et Sevim Dagdelen, du parti allemand de gauche Die Linke, et la députée européenne espagnole Ana Miranda (Groupe des Verts/Alliance libre européenne) -auraient théoriquement dû rendre visite ce lundi à Julian Assange à l’ambassade d’Équateur de Londres, selon Die Linke et WikiLeaks.

Mais l’Australien de 47 ans a été placé en détention après son arrestation jeudi dans le bâtiment diplomatique, où il avait trouvé refuge il y a sept ans afin d’échapper à un mandat d’arrêt britannique pour des accusations de viol et d’agression sexuelle en Suède, qu’il a toujours niées.

Julian Assange fait également face à une demande d’extradition des États-Unis, qui l’accusent d’avoir aidé l’ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense.

Devant la prison de haute sécurité de Belmars, dans le sud-est de Londres, où M. Assange est écroué, les trois parlementaires ont brandi des affiches portant les messages «Libérez Assange» et «Non à l’extradition vers les États-Unis».

«Nous sommes confrontés à un impératif humanitaire maintenant qu’Assange est en détention au Royaume-Uni et qu’une demande d’extradition des États-Unis a été déposée contre lui», a déclaré Ana Miranda, évoquant des menaces de mort proférées, selon elle, par des responsables américains.

Une telle extradition constituerait un «dangereux précédent» pour les journalistes, a-t-elle estimé.  

Sevim Dagdelen a appelé de son côté le Royaume-Uni, mais aussi l’UE, à bloquer cette extradition : «L’Union européenne doit prendre des mesures pour protéger un éditeur-journaliste politiquement persécuté», a-t-elle déclaré, appelant son pays et l’Espagne à lui accorder un droit d’asile.

Elles ont en outre affirmé attendre une réponse à une demande pour rencontrer M. Assange en détention.