(Londres) Le président Trump profite de sa visite au Royaume-Uni pour travailler ses bonnes relations avec des candidats à la succession de la première ministre conservatrice Theresa May.

Agence France-Presse

Le promoteur immobilier républicain s’est entretenu par téléphone pendant 20 minutes avec le favori pour remplacer Mme May, le champion des pro-Brexit Boris Johnson, selon une source proche de l’ancien chef de la diplomatie britannique.

Cet appel a été «amical et productif», a ajouté cette source, précisant que M. Johnson avait décliné une offre de rencontrer M. Trump, le député conservateur devant participer mardi soir aux premiers débats organisés pour la course à la succession de Mme May.

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Une murale anti-Brexit à Bristol illustre Donald Trump et Boris Johnson.

L’équipe de M. Trump a également proposé une rencontre entre le président et le ministre de l’Environnement Michael Gove, selon une source proche de ce dernier, également prétendant au poste de premier ministre.

M. Gove, un partisan du Brexit, «a dit oui» mais «rien n’a encore été fixé», a ajouté cette source.

Interrogé au sujet de ces prises de contact, un porte-parole des services de la première ministre a déclaré que le président américain avait eu la «courtoisie» de l’en informer. «À partir du moment où la première ministre a dit qu’elle se retirait, il était inévitable que l’attention se focalise sur qui sera son successeur», a-t-il souligné.

Mardi, lors d’une conférence de presse conjointe avec Mme May, M. Trump a désigné plus ou moins ses favoris.

«Je connais Boris, je l’aime bien, je l’aime bien depuis longtemps. Je pense qu’il ferait du très bon travail», a-t-il dit, avant d’évoquer un autre prétendant, le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt.

«Je connais Jeremy, je pense qu’il ferait du très bon travail», a-t-il déclaré.

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Michael Gove a participé lundi au banquet au palais de Buckingham.

Quant à M. Gove, il a dit ne pas le connaître-bien que ce dernier l’eut interviewé en janvier 2017 pour le quotidien The Times.

Dans l’après-midi, le populiste britannique Nigel Farage, chef du parti du Brexit et qualifié d’«ami» par Donald Trump, a lui tweeté avoir eu une «bonne rencontre» avec le président qui, selon lui, «croit vraiment au Brexit et adore son voyage à Londres».

M. Farage n’est pas, et ne peut pas être à ce stade, candidat à la succession de Theresa May, mais la victoire de son parti au scrutin européen accentue la pression sur les conservateurs pour trouver une solution sur le Brexit, votée par les Britanniques il y a trois ans.

Theresa May démissionnera vendredi de ses fonctions, faute d’avoir su mettre en œuvre la sortie de l’UE, initialement prévue le 29 mars mais repoussée au 31 octobre pour éviter un divorce sans accord avec Bruxelles, une option redoutée par les milieux économiques.

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Nigel Farage avait accompagné Donald Trump lors d'un de ses rallyes de campagne en 2016.

La dirigeante conservatrice assurera ensuite la transition jusqu’à ce que son parti désigne d’ici la fin juillet son successeur, parmi 11 candidats.

Les prétendants, qui ont eu jusqu’à lundi pour se manifester, doivent être des députés conservateurs et bénéficier du soutien d’au moins huit collègues, a indiqué mardi le parti Tory.

Les députés conservateurs s’exprimeront d’abord sur les candidats lors d’une série de votes à bulletin secret, à partir du 13 juin, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux.

Ce sera ensuite aux membres du parti de départager les finalistes, après une campagne dans tout le Royaume-Uni.  Le vainqueur sera alors désigné chef du Parti conservateur, et deviendra automatiquement premier ministre sans qu’il soit nécessaire de tenir des élections.