(Madrid) Le ministre espagnol des Affaires étrangères a durement critiqué mercredi l’administration de Donald Trump, accusée « d’abus de pouvoir » pour avoir activé pleinement la loi Helms-Burton sur Cuba et de jouer les « cowboys » au Venezuela.

Agence France-Presse

L’activation de la loi Helms Burton « est une preuve de plus d’un manque de coopération de la part de l’administration américaine et de l’adoption de mesures extraterritoriales qui, selon nous, sont un abus de pouvoir auquel nous sommes opposés », a déclaré Josep Borrell à la télévision publique espagnole.

Le chapitre III de la loi Helms-Burton, que l’administration Trump a décidé d’activer, permet aux exilés cubains de poursuivre devant les tribunaux fédéraux américains les entreprises qui ont réalisé des gains grâce à des sociétés nationalisées après le triomphe de la révolution en 1959.  

Cette disposition avait été systématiquement suspendue depuis son adoption en 1996 par les présidents américains pour ne pas froisser les alliés internationaux des États-Unis.

« Cela va ouvrir une bataille juridique, nous allons aller à l’OMC », a ajouté M. Borrell alors que la décision de l’administration Trump menace en particulier les intérêts de l’Union européenne (UE), Espagne en tête.

Josep Borrell a également critiqué la position sur le Venezuela de l’administration Trump, qui n’écarte pas l’option militaire pour déloger Nicolas Maduro du pouvoir dans ce pays d’Amérique du Sud.

« Le groupe de contact (sur le Venezuela composé de pays européens et latino-américains) dont nous faisons partie n’est pas sur la même longueur d’onde que l’administration américaine qui est comme le cowboy de l’Ouest qui dit “regardez-moi, je vais dégainer” », a-t-il dit.

« Nous ne voulons surtout pas que quelqu’un dégaine. Au contraire, nous appelons à une solution pacifique, négociée et démocratique », a-t-il ajouté, qualifiant le soulèvement raté la semaine dernière de l’opposant Juan Guaidó de « tentative de coup d’État militaire ».  

Comme les États-Unis et une cinquantaine de pays, Madrid reconnaît Guaidó comme président par intérim du Venezuela.

« Il faut appeler les choses par leur nom. Une partie de l’armée a tenté de renverser le gouvernement, cela s’appelle un coup militaire », a insisté Borrell.