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Violences domestiques en Russie: les victimes souvent ignorées par la police

À contre-courant du mouvement #metoo, les autorités russes... (Photo KIRILL KUDRYAVTSEV, archives AFP)

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À contre-courant du mouvement #metoo, les autorités russes ont dépénalisé en 2017 certaines formes de violences au sein du cercle familial afin, selon les défenseurs de cette mesure, de protéger les « valeurs traditionnelles ».

Photo KIRILL KUDRYAVTSEV, archives AFP

Agence France-Presse
Moscou

Battues, brûlées ou étranglées, les victimes de violences domestiques en Russie font souvent face à l'indifférence de la police et à « d'importants vides juridiques », dénonce un rapport de l'ONG Human Rights Watch publié jeudi.

Intitulé « Je peux te tuer et personne ne m'arrêtera », le rapport s'appuie sur le témoignage de 27 femmes décrivant les sévices physiques et psychologiques - parfois d'une extrême violence - dont elles ont été victimes.

À contre-courant du mouvement #metoo, les autorités russes ont dépénalisé en 2017 certaines formes de violences au sein du cercle familial afin, selon les défenseurs de cette mesure, de protéger les « valeurs traditionnelles ».

Le rapport de Human Rights Watch compare cette dépénalisation à « une carte blanche » donnée aux maris violents. Des avocats et associations d'aide aux personnes battues cités dans le rapport ont observé depuis cette mesure une hausse des appels à l'aide.

L'ONG dénonce aussi « d'importants vides juridiques », comme l'absence de sanctions pénales spécifiques au niveau national pour les cas de violences domestiques, ainsi qu'une culture de culpabilisation des victimes, la police menaçant « fréquemment » ces dernières ou n'enregistrant pas leurs plaintes.  

Une victime affirme ainsi avoir rapporté des violences conjugales une vingtaine de fois, sans être écoutée, avant que son mari ne tente de l'étrangler. Elle l'a alors frappé avec un marteau. Tandis que sa plainte a été jugée irrecevable, celle de son conjoint est toujours en cours d'instruction, selon le rapport de Human Rights Watch.

Le rapport mentionne également le cas d'une femme ayant appelé les secours après des menaces de mort de son compagnon, en 2016. Une policière s'était alors rendue sur place et lui avait dit « de ne pas s'inquiéter », car ses collègues viendraient « déclarer son corps ». Selon l'ONG Zona Prava, qui essaye de porter l'affaire devant les tribunaux, la victime a été tuée cinq minutes après s'être retrouvée seule avec son agresseur.  

En décembre 2016, l'histoire médiatisée d'une femme torturée et amputée d'une main par son mari dans une forêt russe a toutefois attiré l'attention de l'opinion publique sur cette question.  Une plainte déposée par la victime un mois auparavant avait elle-aussi été ignorée par la police.  Son mari doit comparaître cette semaine pour blessures graves, enlèvement et menaces de mort.




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