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Italie : la ministre Cécile Kyenge menacée de mort

La ministre italienne de l'Intégration, Cécile Kyenge.... (Photo Tony Gentile, Reuters)

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La ministre italienne de l'Intégration, Cécile Kyenge.

Photo Tony Gentile, Reuters

Nicole Windfield
Associated Press
Rome

La première membre noire du gouvernement italien a déclaré mercredi qu'elle avait reçu des menaces de mort sur internet avant sa visite dans une région du pays connue pour sa base politique opposée à l'immigration.

Mais Cécile Kyenge affirme qu'elle n'a pas peur et a mis les Italiens au défi de répondre à cette intimidation eux-mêmes en prouvant que l'Italie n'est pas un pays raciste.

Mme Kyenge, une médecin d'origine congolaise qui vit en Italie depuis 1983, a été l'objet de diatribes racistes depuis qu'elle a été nommée ministre de l'Intégration, en avril. Elle a été qualifiée de «singe congolais» et de membre d'un «gouvernement bonga bonga».

La semaine dernière, une politicienne de la Ligue du Nord, un parti xénophobe, a été expulsée de la formation après avoir écrit sur Facebook que quelqu'un devrait violer Mme Kyenge afin qu'elle sache ce que ressentent les victimes de viol. La politicienne, Dolores Valandro, voulait insinuer que les immigrants sont responsables des crimes violents en Italie.

La ministre a admis mercredi avoir été victime d'«épisodes racistes», mais a refusé de dire que l'Italie est un pays raciste. Elle est restée silencieuse face aux attaques verbales lancées contre elle depuis qu'elle a été nommée ministre, estimant qu'il revient à l'Italie tout entière d'y répondre.

«Ces actions sont dirigées contre nous tous, pas seulement contre moi», a dit Mme Kyenge lors d'une rencontre avec les journalistes mercredi. «Évidemment, ça ne me laisse pas indifférente. Mais je pense que la réponse que le pays donne est importante.»

Contrairement à la France, à l'Allemagne ou au Royaume-Uni, où des immigrants de deuxième ou troisième génération ont fait leur place dans la vie politique, il s'agit d'un phénomène relativement nouveau en Italie, qui a reçu ses premières vagues d'immigration dans les années 1980 seulement. Jusqu'à maintenant, le racisme s'exprimait surtout dans les stades de soccer, où des joueurs noirs comme Mario Balotelli recevaient régulièrement des insultes racistes.

Mais l'émergence de Cécile Kyenge sur la scène politique a braqué les projecteurs sur le problème, en particulier depuis qu'elle a appelé le pays à changer ses lois sur la citoyenneté afin de permettre aux enfants nés en Italie de parents ayant immigré légalement d'obtenir la nationalité plus facilement.

En ce moment, ces enfants doivent attendre d'avoir 18 ans avant de demander la citoyenneté italienne, qui peut leur être refusée à cause d'erreurs bureaucratiques ou d'omissions. Mme Kyenge estime que changer la loi est un élément central du changement de mentalité des Italiens au sujet de la citoyenneté.

Les étrangers représentaient environ 2% de la population italienne en 1990, comparativement à 7,5% actuellement.

Le week-end prochain, Mme Kyenge doit prononcer un discours lors d'un festival multiculturel en Vénétie, une région du nord de l'Italie où la Ligue du Nord est bien implantée. Des groupes d'extrême droite ont annoncé leur intention de manifester.




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